‹ Lecons de pathologie comparéeChapitre 5 sur 25 · LIT · texte numérisé non relu

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D’où cette induction très légitime qu’elles demeurent préservées grâce à cette inoculation accidentelle qu’elles ont subie.

Mais cette inoculation, si bienfaisante dans ses résultats, à quelle source en ont elles puisé le virus?

Jenner, auquel son génie reste fidèle, observe que les vaches sont sujettes à une éruption de forme pustuleuse qui se manifeste tout particulièrement sur la peau de leur pis ; et il se demande si ce n’est pas cette maladie qui, transmise aux vachers et aux vachères, serait la condition de leur immunité contre la variole ? Des inoculations directes faites de la vache à l’homme confirment cette induction et la transforment en réalité certaine.

D’abord Jenner expérimenta avec le virus de la petite vérole de la vache, c’est-à-dire du cowpox , qu’une jeune servante de ferme avait contractée accidentellement par une égratignure de la main. Le virus fut puisé sur une des pustules de cette jeune femme et inoculé au bras d’un enfant de huit ans par le moyen de deux incisions superficielles, l’une et l’autre de la longueur d’un demi pouce.

Le septième jour, quelques douleurs sous l’aisselle ; le neuvième, quelques frissons, perte de l’appétit, léger mal de tête. Pendant la nuit, un peu d’agitation et d’inquiétude. Le dixième jour, disparition de tous ces symptômes généraux.

La pustulation, à l’endroit de l’insertion, suivit son évolution, comme dans l’inoculation variolique, diffé-

rente cependant de celle de la variole par la teinte plus foncée de l’auréole.

La preuve était donnée, par cette expérience, de la propriété virulente du liquide procédant de pustules de cowpox transmis à l’espèce humaine et delà similitude des caractères entre les effets produits par l’inoculation de ce liquide et ceux de l’inoculation variolique. Mais l’assimilation pouvait-elle être considérée comme absolue, ou autrement dit ce jeune enfant était-il protégé maintenant contre les atteintes de la variole, comme il l’aurait été, à coup sûr, par une inoculation varioleuse? Une expérience pouvait seule résoudre cette question. Elle fut faite par Jenner qu’animait cette foi sincère qui ose agir, en s’autorisant de la grandeur du but et des résultats généralement inofïensifs de l’inoculation varioleuse qui, à cette époque, était en Angleterre une pratique très répandue.

Lejeune sujet de l’expérience qui vient d’être relatée fut inoculé avec de la matière varioleuse tirée d’une pustule. Il n’en résulta rien autre chose que ce que l’on voit presque toujours à la suite des inoculations pratiquées sur des personnes qui ont eu la petite vérole.

Une deuxième réinoculation demeura également sans effets. (Exemples XVII du mémoire Jenner.)

Dans cette expérience, le virus inoculé avait été puisé sur les mains d’une femme qui avait contracté le cowpox accidentellement. Il fallait résoudre la question de savoir si, puisé directement sur les tétines de la vache, il produirait les mêmes effets. Jenner tenta cette expérience sur un enfant de cinq ans et demi qui contracta,

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à la suite de cette inoculation, une maladie légère d’une durée très courte : deux jours seulement. La pustulation marcha régulièrement, très semblable à celle de l’inoculation varioleuse.

La maladie de cet enfant fut la source d’une série d’inoculations successives, pratiquées de bras à bras, et sur des personnes adultes qui toutes contractèrent une maladie légère, différente de la variole par sa moindre intensité, mais analogue à elle par la forme de ses pustules et identique par la complète immunité dont elle investissait l’organisme qui en avait avait éprouvé les atteintes.

La preuve était donc donnée par cette série d’expériences que la maladie éruptive du pis de la vache, le cowpox , comme les Anglais la désignent, la vaccine comme nous l’appelons en France, que cette maladie, c’est le préservatif de la variole, c’est le palladium de l’organisme contre les atteintes de ce redoutable ennemi.

La grande découverte était faite ; la vaccination était inventée. Cette immunité accidentelle qui, par grâce d’état, appartenait exclusivement aux vachers et aux vachères, le génie d’un Jenner en avait reconnu les conditions et, grâce à lui, cette immunité pouvait désormais être assurée à toutes les populations. Chacun pouvait être prémuni contre l’épouvantable fléau par une inoculation, qu’on peut appeler préventive dans la véritable acception du mot, car la maladie transmise par la vaccination, ce n’est pas la variole elle-même, comme on le faisait avant la dé-

couverte de Jenner, mais une maladie toute bénigne, dont on n’a jamais à redouter la traîtrise, et qui, toute bénigne qu’elle soit, n’en a pas moins cette conséquence heureuse de doter l’organisme d’une invulnérabilité, durable pendant une assez longue série d’années, contre les attaques de la grande ennemie : la variole.

Mais cette maladie de la vache, qui peut être substituée si heureusement à la variole et doter l’organisme d’une immunité complète contre les atteintes de celleci, cette maladie, quelle est-elle? est-elle spontanée chez la vache ou résulte-t-elle d’une contagion subie? Et, dans ce cas, où est la source?

Pour résoudre cette question, Jenner s’inspire encore des traditions populaires : « C’est un fait remarquable et bien connu d’un grand nombre de gens, ditil dans une note des mémoires fameux où il expose sa grande découverte, c’est un fait bien connu d’un grand nombre de gens, que nous sommes bien souvent trompés dans nos efforts pour communiquer la petite vérole par inoculation aux ouvriers forgerons qui, dans ce pays, sont maréchaux ferrants; ou bien ils résistent complètement à la contagion, ou ils ne contractent la maladie que d’une manière irrégulière. »

Quelle est la raison de cette particularité ? Jenner n’était pas homme à se contenter de la constatation d’un fait. Cette immunité contre la variole, acquise aux ouvriers maréchaux ferrants comme aux vachers et aux vachères, ne dépendait-elle pas des rapports des premiers avec les chevaux, de la même manière

que les seconds la devaient à leurs rapports avec les animaux qu’ils soignaient ? Jenner porte sur ce point ses investigations. Son enquête lui apprend qu’il existe une maladie à laquelle le cheval est fréquemment sujet, par suite de sa domesticité. « Les maréchaux l’ont appelé grease , dit-il. C’est une inflammation et un gonflement dans le talon. Il s’en écoule une matière qui possède des propriétés d’une espèce toute particulière, car elle semble capable d’ engendrer dans le corps humain une maladie qui a une si forte ressemblance avec le small-pox (petite vérole) que je considère comme très probable qu’elle doit être la source de cette dernière. »

Voilà donnée la raison de l’immunité des ouvriers maréchaux contre la variole : c’est qu’eux aussi, dans leurs rapports avec les chevaux, contractent d’eux une maladie à laquelle ils sont fréquemment sujets; et cette maladie, que les chevaux transmettent aux maréchaux, ne serait, d’après la première supposition de Jenner, que la petite vérole elle-même. A l’appui de cette proposition, Jenner cite les faits dont il s’est inspiré pour la formuler :

1° « Un ouvrier maréchal, ayant pansé, quand il était garçon chez son père, des chevaux atteints du grease , eut par suite sur les mains des ulcères qui entrèrent en suppuration et déterminèrent une indisposition assez grave. Six ans après, Jenner inocula la petite vérole, à différentes reprises, aux bras de ce garçon, mais sans pouvoir produire rien autre chose qu’une légère inflammation qui se manifesta peu de

temps après l’insertion du virus. Je l’exposai ensuite, ajoute Jenner, avec aussi peu d’efFets à la contagion de la petite vérole. »

2° « Un fermier contracte une maladie ulcéreuse des doigts dans les mêmes conditions que le garçon maréchal de l’observation précédente. Inoculé, quelques années après, de la petite vérole, il ne ressentit qu’une légère douleur sous l’aisselle et n’eut qu’une petite indisposition de quelques heures. Quelques légères éruptions se montrèrent sur le front, mais elles disparurent bientôt, sans arriver à l’état de maturité. »

Voilà deux faits très significatifs : l’inoculation de la petite vérole demeurant sans effets, ou ne produisant que des effets avortés, sur deux hommes qui avaient contracté une maladie pustuleuse des mains en soignant des chevaux affectés du grease.

Cependant ces résultats ne sont pas constants. Jenner a pu le constater dans un cas dont il donne la relation : « Un homme avait été affecté d’ulcères très douloureux aux deux mains, d’une tumeur à chaque aisselle et d’une indisposition générale grave, après avoir pansé une jument qui avait le grease. Vingt ans après, cet homme exposé à la contagion de la petite vérole la contracta ; mais elle suivit, chez lui, une marche très régulière et fut extrêmement bénigne. Les pustules de la maladie étaient différentes dans leur aspect général de celles que l’on observe ordinairement, sans que l’on pût bien dire en quoi cette différence consistait. C’était cependant bien la petite vérole, car l’inoculation à plusieurs membres de la famille du

liquide puisé dans ces pustules donna lieu à la manifestation de la maladie avec ses caractères ordinaires.»

Jenner infère de ce fait que le virus du cheval, pour posséder toutes ses vertus préservatrices, doit passer par le médium de la vache.

Maintenant entre la maladie du pis de la vache qui se transmet aux vachers, sous la forme de pustules sur les mains, et leur donne l’immunité contre la variole, et la maladie des talons du cheval qui se transmet aux maréchaux sous la forme de pustules sur les mains el leur donne également l’immunité contre la variole, y a-t-il un rapport de filiation ?

L’enquête à laquelle Jenner s’est livré l’a conduit à une solution positive de cette question. D’après lui, le cowpox procéderait de la maladie du cheval, du greasc des maréchaux, par l’intermédiaire d’hommes qui seraient préposés tout à la fois aux soins des chevaux et des vaches. Voici comment il s’exprime sur ce point : « Dans cette contrée laitière, dit-il, il y a un grand nombre de vaches et le soin de les traire est confié indistinctement à des hommes et à desservantes. Il peut arriver que l’un de ceux-là, après avoir pansé les talons d’un cheval affecté de grease , n’ait pas pris soin de se laver les mains et se mette à traire les vaches, sur les mamelles desquelles ses doigts déposent quelque particule de matière infectieuse qui y était adhérente. Lorsqu’il en est ainsi, une maladie se communique aux vaches et, par les vaches, aux filles de ferme, laquelle maladie se propage dans toute la ferme, à tel point que le troupeau tout entier et tous

les domestiques en ressentent les fâcheuses conséquences. »

Dans ce passage, Jenner donne une forme inductive à l’opinion qu’il formule sur la filiation qu’il admet entre le cowpox et le grease : « Il peut arriver, dit-il, que les hommes qui soignent les chevaux soignent en même temps les vaches et soient les agents de la transmission de la maladie de ceux-là à celles-ci. » Mais cette induction, il ne la laisse pas en l’air; il l’appuie, au contraire, sur des faits d’observation très précis et très significatifs. Qu’on en juge : « 1° Un homme employé comme domestique dans une ferme près de Berkeley était chargé, de temps à autre, de traire les vaches. Plusieurs chevaux du fermier ayant contracté le grease , ce fut cet homme qui les pansa. Les vaches ne tardèrent pas à être affectées du cowpox, et quelque temps après, plusieurs ulcères apparurent sur les mains de cet homme. Vingt-cinq ans plus tard, Jenner lui inocula la petite vérole qui n’eut pas de prise sur lui. Il put rester sans la contracter dans un foyer de contagion. » (1770.)

Deuxième fait. « Un cheval est affecté du grease ; l’homme qui le pause soigne, en même temps, des vaches. Celles-ci contractent le cowpox et, lui, ne tarde pas à avoir des ulcères sur les mains. »

Troisième fait. « Un homme qui pansait un cheval affecté du grease était employé à traire les vaches de son maître. Par suite, dit Jenner, les vaches furent

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affectées, mais la maladie ne se montra à leurs mamelles que plusieurs semaines après que l’homme qui les trayait avait commencé à panser le cheval.

« Cet homme quitta cette ferme et se rendit dans une autre, sans avoir aucun ulcère sur lui. Mais là, ses mains commencèrent à être malades à la manière habituelle en pareil cas, et il ressentit à un assez haut degré les symptômes ordinaires qui accompagnent les ulcères sur les mains. Employé à traire les vaches, chez son nouveau maître, il lui cacha la nature de sa maladie et toutes les vaches traites par cet homme contractèrent le cowpox. Quelques années après, l’inoculation delà petite vérole n’eût pas de prise sur lui. » (1780.)

Quatrième fait. « Une jument appartenant à une personne tenant une laiterie eut le grease, à la fin de février 1798. Trois domestiques la soignèrent alternativement et ils furent tous affectés d’ulcères aux mains, suivis de l’inflammation des glandes lymphatiques des aisselles avec des frissons alternant avec la chaleur, un sentiment de lassitude générale et des douleurs dans les membres. Vingt-quatre heures après, tous les symptômes généraux avaient disparu; seuls les ulcères des mains persistèrent.

« L’un de ces hommes était employé comme milker (trayeur de vaches) ; le cowpox se manifesta sur celles qu’il trayait, dix jours après qu’il eût commencé à panser la jument malade. Leurs mamelles se couvrirent de pustules bleuâtres, comme c’est ordinaire en pareil

cas. »

Cette série de faits accidentels ont presque la signification des faits expérimentaux par la constance des rapports qu’ils expriment et des effets qui en résultent. Dans tous ces cas, on voit le cowpox se rattacher directement au grease par l’intermédiaire d’un homme préposé à la double tâche de soigner des chevaux malades du grease et de traire les vaches.

Mais ce grease , que l’homme est susceptible de contracter et qui est la source de l’éruption pustuleuse que la vache contracte à son tour par le contact, sur ses mamelles, du virus qui s’écoule des pustules des mains de l’homme préposé à la traire, ce grease, peutil être transmis directement de l’homme à l’homme et, dans ce cas, quels effets immédiats et ultérieurs produit-il ?

Pour résoudre cette question, Jenner fit une expérience qui est le pendant de celle qu’il a faite en inoculant directement à l’homme le virus vaccinal puisé dans des pustules résultant de l’inoculation accidentelle de cowpox à l’homme. Un enfant de cinq ans fut inoculé avec ce virus et contracta une maladie semblable à celle que produit l’inoculation du cowpox, mais les pustules, au point d’insertion, n’étaient pas aussi semblables à celles de l’inoculation variolique que celles qui procèdent du cowpox.

Jenner se proposait de faire sur cet enfant, inoculé avec le virus équin, la contre-épreuve de l’inoculation variolique ; mais une maladie contagieuse contractée par l’enfant de cette expérience dans un work-house, l’empêcha de réaliser ce projet.

Telle est, Messieurs, l’œuvre de Jenner dans ce qu’elle a de fondamental.

Connue elle témoigne de la sagacité profonde de l’observateur et de l’habileté de l’expérimentateur!

Les vaches sont sujettes à une éruption pustuleuse des mamelles, à laquelle sa bénignité pour l’animal qui en est atteint n’avait fait attacher aucune importance.

Voilà un premier fait. A côté de lui se trouve une tradition populaire: à savoir que les personnes, hommes ou femmes, qui sont préposées aux soins et surtout à la traite des vaches sont communément épargnées par la variole.

Jenner est frappé de ce premier rapport qui, jusqu’à lui, est resté méconnu ou pour mieux dire incompris.

Quelle en est la raison?

Avant de la chercher, il s’assure d’abord, par une enquête qu’il dirige, que la tradition est l’expression d’une réalité, saisie comme inconsciemment par l’observation populaire.

Quelle est la raison de ce rapport entre l’immunité des gens d’étables et l’existence sur le pis des vaches d’une éruption pustuleuse?

Les investigations de Jenner sont dirigées sur ce point et ses informations, comme ses observations, lui permettent d’établir que les vachers et vachères sont sujets à une maladie pustuleuse, des mains principalement, conséquence des inoculations qui se font par les blessures, érosions et gerçures, dont les mains ouvrières sont si souvent atteintes.

Voilà un nouveau rapport saisi : immunité contre la

variole d’une part, et, de l’autre, fréquence sur les mains des garçons et des servantes d’étable d’une éruption pustuleuse.

Quelle est la raison de ce rapport ? Ne serait-ce pas la maladie pustuleuse des tétines de la vache qui se transmettrait aux vachers et aux vachères par les blessures de leurs mains, et serait la condition de cette immunité contre la variole qui leur est acquise comme par grâce d’état?

Jenner s’inspire de cette induction pour instituer des expériences qui en vérifient la justesse.

Des inoculations directes, faites avec le liquide des pustules développées sur des mains qui ont été en rapport avec des mamelles affectées d’une éruption pustuleuse, investissent l’organisme de l’immunité contre la variole.

Mêmes résultats donnés par des inoculations directes faites à l’homme avec les pustules de l’éruption mammaire.

Voilà donnée expérimentalement la preuve de la justesse de la tradition populaire à l’endroit de l’immunité acquise aux vachers et aux vachères ;

Et voilà aussi donnée expérimentalement la raison de cette immunité.

J.a vaccination est inventée; et cette immunité accidentelle, qui n’était qu’une grâce d’état des vachers, elle peut être assurée désormais à toutes les populations par une pratique assise sur les données les plus certaines de la science.

Mais d’où vient cette maladie bienfaisante de la vache

qui peut être substituée à la variole et, sans faire courir aux malades aucun danger , leur assurer la même immunité que la variole elle-même contre des attaques ultérieures?

Ici encore Jenner s’inspire de la tradition. L’ouvrier maréchal se montre réfractaire à l’inoculation variolique, comme le garçon et la servante d’étables.

Pourquoi cela ?

La raison n’en serait-elle pas dans les rapports que les ouvriers maréchaux ont avec les chevaux et ne devraient-ils pas également leur immunité à une maladie de ceux-ci que ces rapports leur donneraient l’occasion de contracter ?

Jenner dirige sur cet autre point ses investigations; il s’informe, il observe et il trouve la raison de l’immunité des maréchaux dans une maladie du cheval, qui a son siège sur la peau de la région inférieure des membres : maladie qui se traduit sur l’homme par des pustules des mains et des ulcères consécutifs.

Des expériences directes lui démontrent la justesse de cette induction. La petite vérole inoculée n’a pas de prise sur l’homme qui a contracté , par suite de ses rapports avec le cheval, une maladie pustuleuse des mains.

Maintenant n’y a-t-il pas un rapport de filiation entre la maladie pustuleuse des mamelles de la vache et la maladie des talons du cheval ?

Nouvelle enquête de Jenner sur ce point et solution positive par l’observation et l’expérimentation.

L’intermédiaire entre le cheval et la vache, l’agent

de transmission de la maladie de l’un à l’autre, c’est l’homme qui est préposé au pansement de l’un et à la traite de l’autre. Soit que cet homme ait ses mains souillées de matière virulente ; soit, ce qui est une condition plus efficace, qu’il porte sur ses mains des ulcères.

Les faits d’observation recueillis avec soin par Jenner témoignent de la justesse du rapport étiologique établi par lui entre les pustules mammaires de la vache et le grease du cheval.

C’est la même maladie, identique dans les deux espèces, ne variant que dans sa forme suivant les organismes, et qui, transmise à l’homme par l’une ou l’autre source, se traduit chez lui par des caractères très semblables, malgré la différence de sa provenance, et par un phénomène physiologique constant : l’immunité contre la variole.

Voilà ce qu’a fait connaître le génie du grand Jenner ; voilà comment il est arrivé à doter l’humanité d’un palladium contre un des plus grands fléaux qui puissent la frapper : palladium plus sûr que celui de Troie , et dont elle restera en possession malgré les efforts que font actuellement un tas de gens mal inspirés pour tâcher de le faire tomber en discrédit dans l’esprit public.

L’INOCULATION (Suite)

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