‹ Leçons de pathologie expérimentaleChapitre 113 sur 145 · LABORATOIRES DE PHYSIOLOGIE · texte numérisé non relu

LABORATOIRES DE PHYSIOLOGIE

dans ce but les éléments les plus divers : elle se servira de toutes les sciences, tantôt l'anatomie ou l'histologie, tantôt la physique ou la chimie.

Il faut par conséquent, dans un laboratoire physiologique, réunir ces trois points de vue, ces trois bases indispensables de la science de la vie : la vivisection, la physico-chimie, l'histologie. Le plus souvent chaque recherche en particulier exige la combinaison de ces trois ordres distincts de connaissances. Ainsi, quand on veut étudier par exemple la digestion, il faut d'abord savoir comment on pénètre dans le canal digestif d'un animal vivant pour observer ce qui s'y passe et en retirer les liquides digestifs qui doivent être l'objet des expériences ; puis il faut opérer des digestions artificielles avec ces liquides, et examiner les phénomènes chimiques qui se produisent; enfin il est nécessaire d'observer au microscope les modifications intimes des aliments et des tissus qui accompagnent l'exercice de cette grande fonction.

Le laboratoire de M. Ludwig est donc parfaitement organisé, puisqu'il satisfait à celte triple exigence : aussi est-ce le même point de vue et un plan analogue que je chercherai à appliquer dans l'institut physiologique qu'on m'a promis d'établir auprès de ma chaire de physiologie générale au Muséum d'histoire naturelle. Le cours que je fais ici, au Collège de France, est une sorte de préparation aux études pratiques de cet institut, en attendant qu'elles aient pu commencer. Et il ne faut pas oubher qu'on ne fait pas de savants dans les cours, on n'en fait que dans les laboratoires.

Les progrès de la physiologie sont donc intimement liés aux progrès des laboratoires dans lesquels seront réunies les trois parties que nous indiquions tout à l'heure comme en formant les éléments essentiels. Le perfectionnement de l'art des vivisections est surtout très important, parce que c'est aujourd'hui en physiologie le moyen de recherches le plus indispensable et le plus universel. Malheureusement les vivisections sont souvent très difficiles, et l'on ne peut y réussir sans une grande habileté et une bonne méthode. Aussi avonsnous l'intention de nous en occuper d'une manière toute spéciale.

Maintenant que la physiologie est tout à fait installée chez elle, à l'étranger, et qu'elle va l'être également en France, bientôt je l'espère, nous devons examiner quels sont pratiquement la méthode et les moyens qu'elle doit employer pour se perfectionner, et les procédés expérimentaux auxquels elle a recours.

La première chose à faire, c'est d'abord, avons-nous dit, d'observer aussi exactement que possible sur le vivant les phénomènes qu'on veut étudier. Il faut faire l'anatomie sur le vivant, c'est-à-dire la vivisection, pour voir les organes fonctionner pendant la vie même, et non plus seulement lorsque la mort les a réduits au repos. Enfin après avoir tiré de l'anatomie cadavérique tout ce qu'elle peut donner, il faut entreprendre sur le vivant des expériences qui permettent de saisir les phénomènes eux-mêmes.

La première question qui se présente quand on veut commencer des expériences relatives aux fonctions des

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