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DE LA NATURE DES ACTIONS TOXIQUES

sanguins. Mais serait-il juste d'étendre celte manière de voir à tous les poisons qui nous sont actuellement connus? Faut-il supposer que le curare se combine avec la substance des nerfs moteurs à leurs extrémités, de manière à supposer à la marcbe du fluide nerveux? Une pareille hypothèse serait évidemment contraire aux faits. Nous savons que, lorsqu'on a prolongé la vie par des moyens artificiels, la substance délétère est graduellement expulsée de l'économie ; or, si les nerfs avaient subi une altération permanente, il ne saurait évidemment en être ainsi.

Les agents toxiques paraissent donc exercer leur action sur les conditions fondamentales de la vie de deux manières différentes : tantôt ils se combinent chimiquement par une combinaison stable aux éléments histologiques des tissus altérés, et c'est là ce qui se produit, d'après Liebig, pour les sels métalliques ; d'autres poisons, au contraire, ne produisent sans doute que des modifications physiques par leur présence ; ils circulent librement dans le sang et paraissent en détruire momentanément les propriétés vitales. Or, le sang, comme nous l'avons dit ailleurs, est le miheu intérieur dans lequel vivent tous les tissus. Si donc une modification profonde de ces propriétés physiologiques se produit sous l'influence d'une cause donnée, les muscles, les glandes, les nerfs et tous les autres organes, sont exposés à subir isolément ou simultanément un trouble profond dans l'exercice de toutes leurs fonctions. Le curare, la strychnine et beaucoup de substances produisent ainsi leur action toxique.

Il semblerait donc que les poisons à cet égard peuvent

être divisés en deux grandes classes : les uns, donnant naissance à des composés chimiques stables et bien définis, sont retenus dans l'écûnomie et peuvent être retrouvés par Tanalyse après la mort ; les autres sont promptement éliminés de l'organisme et ne laissent aucune trace appréciable de leur passage. Dans le premier cas, des lésions permanentes et incurables ont été produites ; dans le second, la substance vénéneuse n^exerce qu'une action passagère et, quand le malade se rétablit, le principe nuisible a disparu.

En somme, messieurs, nous pouvons trouver une ressemblance à beaucoup d'égards entre les effets du poison et ceux des maladies ordinaires, et dans notre prochaine leçon, nous chercherons à compléter ce parallèle.

TREIZIEME LEÇON

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