‹ Leçons de pathologie expérimentaleChapitre 44 sur 145 · EXCITABILITÉ NERVEUSE MORBIDE · texte numérisé non relu

EXCITABILITÉ NERVEUSE MORBIDE

effets obtenus du cô(é malade à ceux qui se produisent du côté sain, vous pourrez vous as-.urcr que le nerf coupé a été plus promptement empoisonné que son congénère; en d'autres termes^ qu'il a résisté moins longtemps à l'action toxique. Mais comme l'excitabilité nerveuse chez un animal soumis à cette expérience augmente en raison directe du temps qui s'est écoulé depuis la section du nerf, nous avons pratiqué l'opération quelque temps avant l'ouverlure de la séance, afin de permettre aux effets de s'accumuler pour ainsi dire dans le nerf coupé.

Pour expliquer de pareils phénomènes, nous sommes obhgés comme toujours de tenter dans des hypothèses : celles que nous vous présentons reposent toutefois sur des faits positifs. Il faut admettre qu'il y a, dans ces cas, des espèces de susceptibihtés électives qui ne résultent, en réahté, que d'une différence d'intensité entre les propriétés d'un nerf malade et celles d'un nerf sain. Supposez que, dans un organe donné, le système nerveux se trouve plus excitable et faites pénétrer dans le torrent circulatoire un agent qui porte spécialement son influence sur le système nerveux, il est naturel de supposer que les nerfs de l'organe malade ou hypéresthésiés seront frappés les premiers. Supposez qu'un courant électrique faible parcoure le corps, il n'agira nulle part sur les nerfs, sauf sur le point où ils seront malades, c'est-à-dire plus excitables; mais il provoquera dans cet endroit la contraction des muscles dont l'innervation se rattachera au point lésé ; et s'il s'agit d'un nerf vasomoteur au heu d'un nerf musculaire, des effets analogues seront produits, mais sur les vaisseaux seulement. Voilà pourquoi, si vous administrez un médi-

cament à l'individu malade, son actiou devra se porter de préférence sur l'organe souffrant ; c'est de ce côté que les actions électives devront se manifester. On comprend donc qu'en vertu de ces lois physiologiques, les espèces qui occupent la partie inférieure de l'échelle animale peuvent acquérir les propriétés qui caractérisent, à l'état normal, des animaux d'un ordre supérieur. Des modifications de la même nature peuvent se produire dans les divers tissus d'un seul et même individu ; des organes peu sensibles peuvent acquérir tout à coup une sensibilité peu commune, et des tissus peu vasculaires peuvent tout à coup se trouver gorgés de sang dans le cours de certaines maladies.

Nous avons constaté chez des grenouilles et des chiens la différence qui vient d'être signalée entre les nerfs coupés et les nerfs à l'état sain ; K. le professeur Pélikan, de Saint-Pétersbourg, a répété les mêmes expériences sur de grands animaux avec un entier succès. Il est donc pleinement démontré que des nerfs moteurs, une fois séparés de la moelle, acquièrent un surcroît momentané d'excitabilité.

Nous allons maintenant pratiquer sous vos yeux l'expérience qui vient de vous être annoncée. Yoici l'animal dont le nerf sciatique a été coupé d'un seul côté ; nous allons Tempoisonner par le curare, et galvaniser simultanément le nerf sain et le nerf malade, et nous devons voir l'excitabilité disparaître du côté malade avant de s'éteindre du côté sain.

Nous avons mis ici le nerf sciatique à nu des deux côtés, si nous introduisons le curare sous la peau. Nous galva-

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