‹ Leçons de pathologie expérimentaleChapitre 74 sur 145 · DES EXCITANTS NERVEUX · texte numérisé non relu

DES EXCITANTS NERVEUX

Mais il faudrait peut-être se défier de l'excitant particulier employé pour éveiller l'activité de la glande, c'est-à-dire du galvanisme ; car M. Du Bois-Reymond a prouvé qu'en éleclrisant les nerfs, on produit un état électro-tonique qui est trop faible pour influer en rien sur la contraction musculaire, mais qui peut agir sur les autres nerfs voisins en leur communiquant une partie du fluide électrique dont les premiers sont chargés. Supposons, en efl'et, qu'on fasse passer un courant à travers un nerf voisin d'un autre nerf divisé, et par conséquent très excitable ; on verra une contraction se produire dans les muscles auxquels se rend ce dernier, bien qull n'ait reçu aucune impulsion directe, soit du centre nerveux dont il est séparé, soit de l'appareil galvanique avec lequel il n'est pas en communication; mais le voisinage d'un nerf fortement excité a développé un état électrique qui a suffi pour lui communiquer une impulsion.

Or nous pouvons fort bien employer, à la place du galvanisme, d'autres excitants, des excitants qui n'ont pas les mêmes inconvénients, parce qu'ils ne développent pas l'état électro-tonique : le sel marin est au nombre des substances dont on peut faire usage dans ce but; je vais vous en donner immédiatement la preuve.

Nous enlevons l'une des pattes postérieures à une grenouflle vivante ; nous mettons à nu le nerf sciatique et nous plongeons l'extrémité coupée dans le sel marin. Les muscles du membre entrent aussitôt en contraction et acquièrent une rigidité tétanique.

Yous voyez donc, messieurs, que le sel marin excite les contractions musculaires, et peut stimuler les nerfs

tout aussi bien que le galvanisme. Or, j'ai fait usage de ce procédé pour exciter la corde du tympan : en traitant par le sel marin ce filet nerveux^ nous obtenons sur-le-champ une sécrétion abondante de la glande sous-maxillaire. Nous avons ensuite répété la même expérience sur le filet correspondant du grand sympathique; après l'avoir mis en contact, pendant huit à dix minutes, avec le sel marin, nous n'avons pas obtenu le moindre effet sur les fonctions de la glande, bien que la contraction habituelle des vaisseaux, qui résulte de l'excitation du grand sympathique, se fût déjà produite à un degré assez élevé pour rendre le sang veineux complètement noir.

Les résultats de cette expérience devraient peut-être nous engager à modifier un peu les idées que nous avions adoptées jusqu'ici sur les fonctions des glandes ; il semblerait, en eflfet, qu'il n'existe qu'un seul nerf sécréteur, dérivé de l'axe cérébro-spinal, et que le grand sympathique galvanisé n'agit, en pareil cas, que par un simple effet de la force électro-tonique. Je crois donc que, dans cette expérience, où deux sécrétions se produisent successivement selon qu'on galvanise l'un ou l'autre des filets destinés à la glande; je crois, dis-je, qu'il se produit un phénomène anormal, et que la sécrétion provoquée par l'action du sel marin sur les nerfs se rapproche davantage de l'état physiologique. C'est encore ainsi que, lorsqu'on agit sur le nerf dilatateur des vaisseaux, on peut influer en même temps sur le nerf constricteur^ pourvu que le courant employé soit très énergique. Si, par exemple, vous portez un faible courant sur la corde du tympan, vous aurez une accélération de la circulation,

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