‹ Leçons de pathologie expérimentaleChapitre 91 sur 145 · RATIONALISME ET EMPIRISME · texte numérisé non relu

RATIONALISME ET EMPIRISME

grande prédominance aux vues de l'esprit, quelques-uns, ainsi que nous venons de le dire, se sont bornés à tirer de leurs expériences, par une trop grande précipitation de jugement, des conséquences qu'elles ne renfermaient pas; mais il en est d'autres aussi qui sont partis ouvertement d'idées à pj^iori, auxquelles ils ont voulu ramener les faits d'observation et d'expérimentation qui justifiaient plus ou moins leurs idées, en écartant ceux qui ne concordaient pas avec elles.

Descartes, par exemple, en abordant l'étude des sciences expérimentales, y apporta les mêmes idées qui lui avaient si bien réussi en philosophie. Il fit de la physiologie comme il avait fait de la métaphysique ; il posa un principe philosophique pour y ramener les faits scientifiques, au lieu de partir des faits pour y attacher à posterio7'i des idées qui n'en fussent en quelque sorte que la traduction. Il en résulta 'que Descartes, tout en tenant compte des expériences physiologiques connues de son temps, exposa une physiologie de fantaisie et à peu près imaginaire.

L'école de la philosophie de la nature, qui régnait au commencement de ce siècle en Allemagne, et qui donnait à l'esprit une prédominance beaucoup trop grande dans l'interprétation des phénomènes du monde extérieur, a engendré, par réaction, toute une génération de savants sceptiques et empiriques, qui n'ont plus voulu entendre parler que des faits bruts. Les excès du raisonnement dans les sciences provoquèrent ainsi l'apparition de savants et d'expérimentateurs purement empiriques, qui ont voulu exclure tout raisonnement de la méthode ex-

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