GÉNÉRALISATION DES ÉTATS MOP.BIDES
preuves expériineiilales ne l'ont pas délaut ici; nous avons injecté un jour du sable lin dans l'artère fémorale d'un chien; cette poussière déliée parvint naturellement aux vaisseaux capillaires et les obstrua de manière à s'opposer au passage du sang. Une sensation de douleur aiguë se développa sur-le-champ, et bientôt on vit apparaître une réaction générale très-énergique. Le système veineux n'avait pas été dans ce cas la voie de transport de l'action morbide, le sable ne pouvant pas traverser les capillaires. Nous voyons donc que dans ce cas la fièvre, la perte d'appétit, le malaise général, et d'autres effets physiologiques ont été exclusivement produits par l'influence du système nerveux; et une autre expérience vient compléter la démonstration ; quand les racines antérieures qui se distribuent au membre affecté ont été coupées, une paralysie complète du mouvement en est le résultat naturel. Mais la sensibilité ayant été entièrement conservée, la douleur est perçue comme toujours et les conséquences demeurent exactement les mêmes. Que l'on coupe au contraire les racines postérieures et l'on verra disparaître tous les symptômes généraux. Le mouvement pourra être conservé, mais la douleur a disparu et des phénomènes d'un ordre purement local tel que, l'œdème partiel du membre, un certain degré de refroidissement et les autres signes d'une circulation interrompue sont les seuls phénomènes constatés. Quand les nerfs sensitifs ont été respectés, l'intensité de la réaction fébrile qui se produit est quelquefois assez énergique pour déterminer la mort.
Les affections locales sont donc entièrement distinctes
des vraies maladies, et lorsqu'elles se généralisent, l'impulsion morbide a été communiquée à l'économie par l'un des deux grands systèmes vasculaire ou nerveux qui en parcourent toute l'étendue; mais par cette portion de chacun de ces deux systèmes qui s'étend de la surface au centre et non par celle qui va du centre aux extrémités. Les veines transportent la substance nuisible en personne dans la circulation, s'il nous est permis de nous exprimer ainsi, tandis que les nerfs ne transmettent que leur état, ou autrement dit des impressions d'une espèce particulière.
Nous venons de dire que les fibres sensitives jouissent seules de ce pouvoir; cependant dans quelques cas, les branches motrices paraissent en jouir à leur tour. Ce fait singulier mérite une explication. Lorsqu'un nerf sensitif a été coupé, son extrémité centrale conserve ses propriétés spéciales, tandis que la portion périphérique du nerf est entièrement privée de sentiment, et demeure insensible en présence des excitations les plus énergiques. Le contraire a lieu par rapport aux fibres motrices; après avoir divisé le tronc nerveux, l'extrémité périphérique conserve seule le pouvoir d'arracher des cris de douleur lorsqu'elle est irritée; tandis que la partie centrale demeure privée de tout sentiment. Cette propriété extraordinaire des flbres motrices a reçu le nom de sensibilité récurrente; on l'attribue en général à certaines fibres sensitives qui, s'inclinant de nouveau pour rejoindre leur source, suivent le trajet des nerfs moteurs, mais en sens opposé; car aussitôt que la racine correspondante a été détruite, toute sensibilité disparaît