SENSIBILITÉ DES NERFS RACHIDIENS
les mammifères, car chez ces derniers, le délabrement des muscles qui s'insèrent à la colonne vertébrale amène toujours une gêne dans les mouvements des membres, ce qui n'a pas lieu au même degré chez les grenouilles.
Comme complément de cette expérience on peut, à l'aide du galvanisme, démontrer la différence des propriétés dont jouissent les deux ordres de racines; pour les racines antérieures, la galvanisation du bout périphérique produit des convulsions dans le membre correspondant, tandis que celle du bout central ne donne lieu à aucun phénomène appréciable. L'inverse a heu pour les racines postérieures coupées ; si vous en galvanisez le bout périphérique, vous n'obtenez aucun effet; si c'est le bout central, au contraire, une douleur vive se manifeste sur-le-champ.
On a beaucoup reproché à Magendie de s'être contredit dans ses expériences sur la sensibilité des nerfs rachidiens; il avait affirmé, en effet, que les racines antérieures, tantôt insensibles, tantôt douées de sensibilité, offraient quelquefois à un très-haut degré cette dernière propriété. Mais la contradiction signalée par Magendie dans les résultats de ses expériences, existe très-réellement dans les faits; elle s'explique, comme vous allez le voir, par le phénomène actuellement connu sous le nom de sensibilité récurrente. Le fait physiologique résulte ici d'une condition purement expérimentale. Un animal qui vient de subir une aussi grave opération que l'ouverture du canal vertébral, a besoin de repos avant de recouvrer d'une manière complète l'exercice de ses fonctions nerveuses. Le cardiomètre nous annonce quelquefois une