SUR LE DIABÈTE
Messieurs,
On a souvent prétendu que les physiologistes étaient de fort mauvais ntiédecins ; et cette opinion, paradoxale dans la forme, peut quelquefois répondre au fond à une idée qu'il est bon d'examiner. Si en l'émettant on prétend faire de l'état morbide une individualité différente de l'état normal, on est, suivant nous, dans l'erreur; l'état morbide n'est qu'une perturbation de l'état physiologique, sans quoi le retour spontané à la santé n'aurait jamais lieu. Mais ce qu'on demande au médecin, c'est de guérir ; et si la physiologie peut éclairer le mécanisme des maladies, elle n'apprend encore souvent rien relativement au traitement qu'il convient de leur opposer. En effet, la prétention qui consisterait à faire servir aujourd'hui la physiologie de base exclusive à la thérapeutique conduirait nécessairement, ou bien à instituer dans une foule de cas des médications rationnelles, basées sur des notions erronées ou incomplètes que désavouerait la saine physiologie elle-même, ou bien à l'abstention, qui peut, dans la pratique, être souvent regrettable.
(1) Recueillie par M. le docteur Aug. Tripier, et publiée dans la Clinique européenne, 12 mars 1859,