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c'est sous l'influence du nerf fourni par le système cérébro-spinal. Et si l'on coupe ce dernier nerf, la sécrétion n'a plus lieu que par l'excitation de son bout périphérique, qui se rend à la glande.
Dans l'état de repos de l'organe, ce nerf sécréteur cérébro-spinal ne paraît pas agir ; car, si l'on vient à le couper rapidement, l'état de la glande n'est pas du tout modifié par la section. Mais il n'en est pas de même du grand sympathique, dont la section change l'état de la glande. La soustraction du grand sympathique semble donc en rapport avec l'activité fonctionnelle de l'organe.
D'après ces résultats, je pense qu'on doit considérer l'influence nerveuse plutôt comme une sorte de frein que comme une excitation. Le grand sympathique serait un frein qui empêche ou règle la fonction, en agissant sur la circulation par la contraction des vaisseaux ; si l'on exagère son action par la galvanisation, on arrête la circulation en portant très-haut cette contraction des vaisseaux ; mais, si l'on supprime cette influence, l'excès d'activité de la circulation coïncide avec un fonctionnement exagéré. C'est ainsi qu'on peut expliquer aussi l'action du curare, qui augmente les sécrétions en détruisant le système nerveux»
Nous allons répéter devant vous l'expérience. On engage, sur un chien, des tubes dans tous les conduits sécréteurs, salivaires, biliaires, pancréatique, urinaires. L'animal étant en repos, l'urine seule coule. Si on l'empoisonne par le curare, on voit toutes les sécrétions se produire. Lorsque l'animal, étant tout à fait empoisonné,
on entretient la respiration artificielle, les larmes coulent, etc., toutes les sécrétions marchent abondamment; l'urine devient plus abondante et sucrée : ce chien est diabétique. Or, qu'a fait le curare ? — Il a complètement détruit les nerfs moteurs. Les glandes se sont mises à fonctionner lorsque le système nerveux moteur qui lui servait de modérateur a été détruit.
La conclusion à tirer de ces faits, est que le grand sympathique s'oppose à la sécrétion en agissant sur la circulation. Il est le modérateur des fonctions, permettant ainsi aux substances de séjourner dans les organes, d'y subir leurs métamorphoses et de servir ainsi à la nutrition. C'est le nerf de la nutrition proprement dite ou plutôt de l'assimilation.
Les conditions dans lesquelles peut s'exercer la force plastique sont donc déterminées par le grand sympathique. Sous son influence, un organe est au repos ; il se nourrit. L'étnt fonctionnel, déterminé passagèrement par les nerfs du système cérébro-spinal, agit pour amener les conditions de la destruction, c'est-à-dire de la désassimilation.
Je ne serais pas éloigné de penser que le nerf du système cérébro-spinal, quand il agit sur les éléments de la glande, agit aussi sur le grand sympathique. Lorsqu'il est excité, on obtient en effet des phénomènes semblables à ceux que l'on obtient en détruisant le grand sympathique.
Le sympathique serait, selon mes idées, pour les organes, un frein qui leur permet de se nourrir. Lorsque l'organe est abandonné à lui-même, ou plutôt lorsqu'il
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accomplit les fonctions que nous rattachons à l'exercice de la vie, il devient toujours le siège de phénomènes de désnssimilation.
Quant à ces phénomènes de désassimilation, envisagés au point de vue de la nutrition, ils sont sans doule indispensables à la reconstitution nutritive des organes. Mais dans la sécrétion, la désassimilation est l'expulsion d'un produit qui a dû être préalablement formé par la force qui préside à l'organisation des principes immédiats animaux.
L'action du grand sympathique modère la circulation et diminue aussi la température. Lorsque l'influence de ce nerf est détruite ou amoindrie, la température s'élève. L'élévation de température produite par la désassimilation est nécessaire elle-même à l'accomplissement des phénomènes ultérieurs d'assimilation.
En résumé, nous voyons, ainsi que je l'ai dit, deux ordres de nerfs moteurs dans les glandes : les uns, dont l'activité est en rapport avec l'état fonctionnel de l'organe (nerfs cérébro-spinaux) ; les autres, dont l'activité est en rapport avec son état de repos (nerfs du grand sympathique), ces deux actions ont l'air d'être antagonistes; le système cérébro-spinal semble exercer son action en supprimant celle du grand sympathique.
Appliquons maintenant ces données à ce qui se passe dans le foie.
La formation de la matière glycogène n'a lieu que pendant que l'organe est en repos. Ensuite, sous Tinfluence d'un autre nerf, survient une activité plus grande de la circulation, une élévation de la température et la destruction de la matière formée.
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L'liy[jersécrélion de la matière glycogèiie et sa transformation plus active en sucre étant liées à l'innervation, le diabète pourrait être rapporté à un affaiblissement ou à une suppression de l'action du grand sympathique du foie.
Mais lorsqu'il s'agit d'une soustraction directe du grand sympathique, elle ne tarde pas, au bout d'un certain temps, à se compliquer de troubles inflammatoires. Toutefois ces phénomènes inflammatoires ne se produisent plus quand l'influence du grand sympathique est simplement annulée par l'action prépondérante du système cérébro-spinal. De sorte qu'on pourrait dire :
Chez les diabétiques, le foie sécrète trop. La matière qui s'y change en sucre ne peut être transformée en un produit d'une organisation plus complexe. La désassimilalion est devenue prépondérante.
On peut donc considérer le diabète comme une maladie nerveuse due à un excès d'action du nerf désassimiialeur du foie, qui entraîne la désassimilation prématurée d'une matière qui devait servir d'une autre manière à la nutrition.
Dans cette maladie, la température du foie doit augmenter avec l'activité de la circulation. La chaleur donne sans doute une activité plus grande à l'absorption intestinale, d'où résultent peut-être le dessèchement de la menbrane mufjueuse intestinale, la soif, la voracité, etc., qu'on observe dans cette maladie. Tous ces phénomènes seraient en rapport avec l'excès d'activité de la circulation du foie.
Le traitement du diabète devrait donc s'adrest^cr au