‹ Leçons de pathologie expérimentale [electronic resource]Chapitre 91 sur 143 · NEUFS VASO-MOTEURS · texte numérisé non relu

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inodiricatioiis sont survenues dans la circulalion, on voit que son activité est accrue au point que la pression du sang a considérablement augmenté dans les capillaires. Bien que la pression du sang ne reconnaisse toujours qu'une cause unique, l'impulsion du cœur, elle a néanmoins éprouvé une augmentation locale.

Ce fait a été constaté sur des chevaux au moyen de mon hémodynamomètre différentiel. — Sur un cheval, on a découvert les deux artères coronaires labiales. Le manomètre, appliqué séparément sur chacune d'elles, a accusé une pression de 160 à 180 millimètres de mercure, la même des deux côtés.

On a coupé alors le nerf sympathique à gauche, dans la région moyenne du cou ; la pression a augmenté de ce côté de l\0 millimètres. — Sur un autre cheval, la pression est parfaitement égale dans les deux artères coronaires labiales; elle est trouvée, dans ces vaisseaux, égale à 120 millimètres. La section du sympathique à droite donne de ce côté un excès de pression de 60 millimètres. Dans une troisième expérience, la section du sympathique amena du côté correspondant un excès de pression de hO millimètres de mercure.

Comment expliquer ces faits? La pression ne peut dépendre que du cœur. On peut admettre que quand le sympathique est intact les vaisseaux sont resserrés, qu'il y a augmentation de frottement du sang contre leurs parois, et que, par suite, sa vitesse et sa pression sont moindres; tandis que (juand le sympathique est coupé, les vaisseaux se relâcheraient, et l'élargissement de leur calibre permettrait à l'impulsion cardiaque de s'y trans-

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mctlre plus facilement. Pour que cette explication soit admissible, il laut que la pression norrnale soit moindre que la pression du sang qui sort du cœur, d'une quantité qui représente la limite supérieure de l'accroissement qu'elle est susceptible d'éprouver. Afin de vérifier ce dernier point, on a pris sur un mheval la pression d'une artériole sterno-mastoïdienne fournie par la carotide. On a examiné comparativement la pression dans l'artère coronaire labiale correspondant^. La différence a été trouvée de 60 millimètres de mercure en faveur de l'artère fournie par la carotide, et examinée près de son point d'émergence. La pression diminue donc à mesure qu'on s'éloigne du cœur.

Quelle est la cause de cette diminution? — Sans doute le frottement contre les parois des vaisseaux, frottement d'autant plus considérable que ceux-ci sont plus étroits. L'influence qu'exerce le sympathique peut d!ailleurs se manifester directement : Nous avons vu qu'à la suite de sa section, il y avait élargissement des artères et augmentation de la pression; nous verrons bientôt que si l'on galvanise le bout périphérique du nerf coupé, le calibre des artères se rétrécit en même temps que la pression diminue.

Si, dans les expériences qui viennent d'être rapportées, on ouvre la veine avant la section du sympathique, le sang en sort noir, en bavant. Après la section du nerf, au contraire, le sang sort par la veine rutilant, en jets saccadés : la pulsation passe des artères dans les veines. — Sur des chevaux, on a ouvert les veines coronaires labiales et introduit un manomètre simple dans ces veines;

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la pression l'ut trouvée la mkm des deux côtes cl égale à 80 à /|0 millimètres. On a coupé alors le sympathique d'un côté ; la pression a éprouvé une augmentation de 50 à 60 millimètres. En même temps on pouvait compter les pulsations qui, au nombre de 52 par minute, se voyaient dans les veines coronaires. Alors on a galvanisé le bout périphérique du sympathique coupé. La pressipp est descendue à '.^O millimètres; au-dessous, par conséquent, de son niveau primitif. La circulation capillaire est donc réglée par le grand sympathique. Lorsqu'on le coupe, on produit un élargissement des artères et des capillaires.

x\utre phénomène curieux : le grand sympathique semble agir sur les vaisseaux par les anastomoses. Expérience. — Nous coupons l'artère coronaire. Cette opération a pour résultat d'augmenter la pression dans le bout central. Mais notre but, dans celte expérience, est de rechercher si le grand sympathique agit sur le bout périphérique qui communique avec le bout central par des anastomoses. Or, la galvanisation du sympathique au cou a été d'abord suivie d'une augmentation de la pression du bout périphérique, bientôt suivie d'une diminution telle, que cette pression est tombée de 110 millimètres à 10 rrtilli • mètres seulement. Le sympathique agit donc sur le bout périphérique de l'artère coupée. Son induence se transmet sans doute par le réseau nerveux plexiforme qui accompagne les anses anastomotiquos. Quoi qu'il en soit de cette interprétation, le fait observé a une grande importance.

Indépendamment des conditions de vitesse et de près-

sion du sang dont nous venons d'examiner le mécanisme, il reste à expliquer l'élévrition de temjjérature. Peut-on expliquer cet accroissemenL de chaleur des parties auxquelles se distribue le sympathique coupé par une augmentation de la masse du sang qui les parcourt? — On a mis en avant cette explication exclusive, prétendant qu'il ne fallait pas voir dans cette élévation de température un phénomène de calorification propre à l'oreille. Mais je crois que c'est h'i une idée fausse : la section du filet cervical du sympathique n'a pas seulement modifié les phénomènes physiques de la circulation; elle a agi, indirectement sans doute, sur les phénomènes chimiques de la nutrition, et imprimé plus d'activité à la production de chaleur dont l'oreille est le siège. En effet, il y a production de chaleur partout, et l'on a établi par un grand nombre de fails que la théorie de Lavoisier, qui localisait dans le poumon les phénomènes de calorification, devait être abandonnée. Il est difficile de constater dans les parties périphériques, très-exposées au refroidissement, que de la chaleur s'y produit; mais cela tient à ce que, dans ces parties, les causes de refroidissement l'emportaient sur celles d'échauffé m eut, comme on peut s'en assurer en observant dans des conditions convenables. Opérant sur des chevaux, j'ai empêché la tête de se refroidir par le contact du milieu environnant, en l'enveloppant d'un bonnet de ouate. J'ai pris alors, avec des thermomètres de M. Walferdin, à graduation arbitraire et extrêmement sensibles, la température comparativement dans une artère et dans la veine correspondante. Dans ces conditions, on ne trouve pas, enire la température du sang veineux

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