QUATRIÈME CLASSE D’ANÉMIES. — DES CHLOROSES
En ne comprenant sous le nom de chloroses que les pâles couleurs, c’est-à-dire cette maladie spéciale, qui ne se montre que chez les jeunes filles ou chez les femmes, lors de la suppression du flux mensuel, on serait amené à scinder l’histoire des anémies dites spontanées qui, en définitive, se manifestent à toutes les périodes du développement individuel. Il existe en effet une chlorose inhérente à la constitution, une chlorose propre à l’enfance; il y a, en un mot, toute une série de chloroses ; ce fait ressort clairement de l’observation. S’il en est ainsi, toute la discussion sur la nature de la chlorose menstruelle devient prématurée ou inutile, par cela même qu’elle ne porterait que sur un côté de la question ; en l’envisageant au contraire dans son ensemble, nous serons à même de faire ressortir les analogies et les différences qui existent entre les anémies et les chloroses; ce sera l’objet d’une étude clinique qui appartient au diagnostic de ces maladies.
SIGNES DES ANÉMIES
SÉMÉIOLOGIE EXPÉRIMENTALE.
Les anémies qui succèdent aux pertes de sang présentent toutes la même caractéristique, quelle que soit la cause de l’hémorrhagie, et la voie d’élimination du sang. Que la déperdition ait lieu par des moyens artificiels ou thérapeutiques, comme la saignée, par des flux physiologiques, comme les menstrues, ou bien par suite des actions morbides, les résultats seront toujours les mêmes; — ainsi au point de vue de leurs manifestations, toutes les anémies d’origine hémorrhagique sonti dentiques. En outre, elles présentent une analogie parfaite
avec les anémies par déficit d’oxygène, c’est-à-dire avec les dépérissements résultant de l’encombrement, du défaut d’air ou de l’atmosphère viciée. Cette similitude des anémies respiratoires avec les anémies par hémorrhagies se comprend facilement, si l’on songe que dans ce dernier cas les globules se perdent, et dans le premier cas ils ne peuvent plus fonctionner, c’est-àdire distribuer aux organes une quantité suffisante d’oxygène. — Les autres classes d’anémies, surtout les inanitions et les chloroses, présentent au contraire des types différents.
Toutes les aglobulies se traduisent : 1° par une diminution des forces physiques ou circulatoires; de là des modifications profondes dans les sécrétions, les absorptions, les échanges nutritifs ; — 2° par des troubles nervo-musculaires. Ces deux séries de phénomènes s’enchaînent d’une manière inévitable et doivent être recherchées dans tous les organes, dans tous les systèmes. — 3° Les troubles digestifs et sécrétoires complètent la série morbide.