‹ Leçons de pathologie expérimentaleChapitre 44 sur 57 · DUGN0ST1C DES CHLOROSES ET DES AFFECTIONS RESPIRATOIRES · texte numérisé non relu

DUGN0ST1C DES CHLOROSES ET DES AFFECTIONS RESPIRATOIRES

la chlorose, se manifeste par accès dans la tuberculose chronique, par suite de l’oblitération muqueuse des bronches.

Si l’oppression est continue, c’est qu’il s’agit d’une phthisie caverneuse avec oblitération des vaisseaux pulmonaires, et dans ce cas les cavernes sont faciles à reconnaître ; ou bien la dyspnée résulte du rétrécissement du champ respiratoire par une éruption miliaire, et celle-ci ne se manifeste jamais sans fièvre.

La toux des chlorotiques présente, comme la dyspnée, des caractères précis. Dans son excellent mémoire sur la toux hystérique, Lasègue dit que les efforts de toux affectent un certain îhjthme monotone; la malade tousse à chaque expiration, ou, ce qui est plus fréquent, à mon avis, elle fait trois ou quatre expiiations avec toux avant de pouvoir reprendre sa respiration , c est précisément là ce qu’on trouve chez les chlorotiques; et ce rhythme, une fois établi, se continue presque invariablement, du moins pendant le jour. Dans la phthisie, même au début, jamais la toux ne présente cette régularité, cette sorte de cadence irrésistible qui résulte d’une excitation permanente des branches sensibles du nerf pneumogastrique.

L’expectoration manque presque toujours dans la toux chloro-hystérique ; elle est de règle dans la tuberculose, et se compose de matières muqueuses, compactes, dans lesquelles il est impossible de reconnaître au début de la maladie, quoi qu’on en ait dit, les débris du poumon. Toutes ces différences doivent faire soupçonner la nature de la maladie ; si elles n’étaient pas nettement accusées, l’auscultation et la percussion du thorax lèveraient tous les doutes, car dans la majorité des phthisies commençantes, on trouve de la matité sous les clavicules, la rudesse de l’expiration et le retentissement de la voix.

Les phénomènes de la circulation sont tout aussi différents, la fièvre et l’animation du visage sont caractéristiques de la tuberculose; la pâleur indique la chlorose, qui se traduit surtout par les bruits du souffle vasculaire.

Les dyspepsies vraies sont plus fréquentes chez les phthisiques que chez les chlorotiques, qui sont sujettes surtout aux douleurs épigastriques, à la constipation avec distension gazeuse des instestins.

r.ACNOSTIC DES CHLOROSES ET DES AFFECTIONS RESP.RA.OIRES, 207 L’aménorrhée est constante dans la chlorose, et les règles se continuent^ouvent dans la tuberculose. m«. - -

nrofondément altérée dans ce dernier cas, et 1 amai0ussemen est raphle tandis que les chlorotiques conservent un certain degré d’embonpoint. Au résumé la Morose simph i se ,sdingue facilement de la tuberculose par les difféi rences qu présentent les signes communs, et par les caractères spéciaux

des signes propres à chaque maladie. , ,

Lorsque la chlorose se complique d’hémoptysies supp taires des difficultés véritables surgissent ; chez une dan atteinte d'aménorrhée chlorotique, des hémoptys, es répétée avec toux et dyspnée ont longtemps fait croire à des médecin, éminents qu’il s’agissait de tubercules pulmonaires ; es nui vasculaires, qui étaient très-manifestes, furent nus sur le compte de l’anémie consécutive aux hémorrhagies pulmonaires; mais Pabsence de fièvre et de dépérissement, h persistance des crachements de sang, conjointement avec la dovee de 1 aménorrhée, la sonorité naturelle du poumon, et surtout la co servation du murmure respiratoire normal, devaient deHer toute méprise, et cette malade, en effet, guérit complètement.

11 resteà signaler une dernière difficulté ; la chlorose simp e ou hémoptoïque peut être confondue avec l’anémie qu. prtcède souvent la tuberculose ; il n’est pas rare de voir des malades pâlir et maigrir en même temps qu’elles présentent une toux sèche et fréquente, sans signes physiques bien accusés; en ., ... mnri t ienir coniDtc de cette rapidité

rc pnenointîiitî — ,

c’est l’extrême faiblesse ei i inappétence qui accompagnent ce^ invasions lentes de la phthisie; bientôt celle-ci, progressai! d’une manière fatale, provoque le développement d une fievic à redoublements nocturnes, qui ne laissent plus aucun doute

dans l’esprit de l’observateur.

Asthme. - L’asthme n’a de commun avec la chlorose que la dyspnée; mais tandis que l’oppression chlorotique est continue ou se manifeste principalement par les mouvements ascensionnels du thorax, l’asthme procède par accès qui sont carac-

208 diagnostic des chloro-anémies et DES DYSPEPSIES.

téristiques; c’est un arrêt tétanique du diaphragme avec dilatation, allongement et immobilité du thorax ; la chlorotique continue à respirer, et ses mouvements sont souvent plus énergiques, plus manifestes, principalement dans la zone supérieure du thorax.

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