TEXTURE VÉRITABLE DU GLOBULE ROUGE
Le globule rouge présente les plus grandes analogies avec les cellules à protoplasma contractile. Rollett vient de le prouver de la façon la plus ingénieuse, en agrégeant artificiellement les globules par une solution concentrée de gélatine; une lame de gélatine concrétée étant placée sous le microscope et pressée, les globules paraissent, les uns aplatis et étalés, les autres allongés en cylindres plus ou moins contournés; s il reste de la gélatine liquide, ils y adhèrent souvent par un point, se distendent par le courant liquide et finissent par se déchirer ; mais en aucun cas on ne voit s’échapper un contenu, ni une membrane s’affaisser. Donc le globule n’est pas une vésicule composée d’une membrane propre; il est exclusivement formé par une substance très-extensible, très-élastique, susceptible de revêtir les formes les plus diverses sous l’influence des forces extérieures, et de reprendre sa forme primitive dès qu’elles ont
cessé d’agir.
Par la congélation du sang, les globules éprouvent, au moment de la fonte, des altérations identiques à celles qui résultent de la pression d’une concrétion gélatineuse; la plupart disparaissent, et l’hématine se dissout dans le sérum, qui devient transparent comme la laque; quelques-uns restent arrondis, mais la plupart se rapetissent, tout en restant nettement contournés et élastiques; jamais ils ne se déchirent et finalement il n’en reste que le centre sillonné par des vacuoles
L’électricité statique agit comme la congélation ; les globu subissent la même altération et se détruisent, en meme temps
ANALYSE BIOLOGIQUE DU SANG. 7
que des cristaux d’hématine se déposent dans le sang de certains animaux.
L’éther, enfin, produit un résultat analogue (Wittich) ; le sang devient clair, les globules deviennent plus petits et disparaissent sans s’ouvrir.
Au résumé, comme l’ont démontré Brücke, Rollelt, et plus récemment Klebs et Alex. Schmidt, les globules rouges sont des corps contractiles dont la contractilité, qui peut durer quelques heures après la mort, dépend uniquement du protoplasma.
§ 2. Analyse chimique du sang.