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d’acide carbonique; ce précipité ainsi obtenu est insoluble par la chaleur, ainsique par les alcalis et les acides concentrés; il semble donc qu’il passe lui-même à l’état de produit coagulé; mais malgré ces analogies avec les autres albuminates alcalins, et même avec la matière coagulable ou fibrinogène, il lui reste toujours comme caractère distinctif le pouvoir coagulant.
La globuline se retrouve avec les mêmes propriétés dans tous les tissus formés par des cellules ; mais dans les conditions normales de la vie, elle ne saurait exercer son pouvoir, sans quoi le sang se coagulerait dans les vaisseaux; il faut donc que les parois vasculaires aient le privilège de détruire sans cesse cette matière, ou de la transformer en matière coagulable, sous l’intluence de l’ozone du sang.
Plus, en effet, le sang est extrait tardivement des veines, plus il se coagule lentement; le contact du sang avec la paroi vivante le préserve de la coagulation. Mais dès que l’irritabilité des tuniques vasculaires se perd, elles perdent en même temps la faculté de décomposer la globuline; dès lors, la coagulation se fait, et avec facilité, par l’intervention des hématies qui conservent encore longtemps leur action coagulante, à laquelle rien ne s’oppose désormais.
Ainsi, dans l’organisme vivant, la fluidité du sang est maintenue par la paroi vasculaire; mais la vitalité n’agit pas par elle-même; elle se traduit par une simple action chimique, c’est-à-dire par la décomposition de la globuline, ou sa transformation en fibrinogène.
D’une autre part, l’action vitale, pour s’exercer, exige une condition purement physique, c’est la régularité du cours du sang; si un obstacle s’oppose à la circulation, ou si une inégalité des parois vient à se produire, par une lésion quelconque, la paroi ne peut plus être considérée comme vivante en ce point; elle cesse dès lors de détruire la globuline, et le sang reste désormais livré au domaine exclusif de la mécanique ; il se coagule au niveau de la partie malade; il se fige au niveau de l’aspérité, et ce premier coagulum, une lois formé, devient le point de départ de stratifications successives.
Alex. Schmidt, qui a décrit ces propriétés de la globuline, s’est affrété aux considérations chimiques, sans tenir compte
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des applications physiologiques, telles que je viens de les préciser.
Des caractères cl effets comparatifs de la plasmine et de la globuline. — 1° La fibrine n’existe point préformée dans le sang; elle résulte de l’action combinée de deux substances albuminoïdes, la fibrinogène et la globuline (Schmidt).
D’après les recherches de Denis, c’est une seule et môme substance, la plasmine, qui fournit, en se dédoublant, la fibrine concrète qu’on pourrait appeler classique, et une fibrine fluide qu’on retrouve seule dans certaines espèces de sangs veineux.
2° La plasmine, la matière fibrinogène et la globuline ont la plus grande analogie entre elles, et en môme temps avec le suc des muscles ou myosine. Lorsqu’on les dissout dans une solution de chlorure de sodium, ou lorsqu’on charge le sang de poudre saline, la plasmine ou la globuline se dépose à l’état concret.
Ces diverses matières, solubles dans les alcalis faibles, sont précipitées de leur dissolution alcaline par l’acide carbonique sous forme de molécules fines, puis de flocons; la globuline semble être plus facile à précipiter que la fibrinogène.
Il est probable qu’elles sont toutes formées en grande partie aux dépens de l’hémato-cristalline lors de sa décomposition normale dans le sang, ou sous l’influence de l’acide carbonique (Hoppe-Seyler).
3° La plasmine, considérée comme l’origine de la fibrine, rend facilement compte de la fluidité de la fibrine pendant la vie; mais pour qu’elle se dédouble et donne lieu à la coagulation post mortem, c’est-à-dire à la formation de la fibrine concrète, il faut l’intervention de moyens auxiliaires.
Si, au contraire, on admet dans le sang deux substances, dont l’une est coagulable (fibrinogène) et l’autre coagulante (globuline), on s’explique difficilement la liquidité du sang pendant la vie; force est de supposer que la globuline se détruit constamment pendant la vie par l’action vitale des parois, sans quoi le sang se coagulerait dans les vaisseaux; or, cette hypothèse très-complexe ne repose sur aucun fait avéré; on dit bien que les cellules du tissu lamineux contiennent la matière coagulante; on dit encore que l’hémalo-crislalline possède le pouvoir
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coagulant au plus liant degré; mais où et comment se neutralise l’action coagulative de ces composés protéiques?
Ce qui est certain, c’est que l’influence de la paroi étant supprimée, la coagulation se fait constamment. Cette théorie explique donc, de la manière la plus simple, la coagulation; mais elle ne saurait rendre compte de la fluidité de la fibrine pendant la vie.
.Nous admettrons donc la plasmine et ses métamorphoses comme un fait avéré; il reste à étudier les influences accessoires qui en déterminent le dédoublement, et ù démontrer que la fibrine ne préexiste pas.
§ 3. La fibrine □ est dissoute dans le sang ni par les sels, ni par l'ammoniaque.
Les travaux de Denis et de Schmidt sont la négation formelle de la fibrine; mais celte notion n’est pas encore entrée assez avant dans la pratique pour qu’on soit en droit de négliger les doctrines qui admettent la fibrine comme un corps préexistant dans le sang. En nous mettant à ce point de vue, nous sommes arrêtés immédiatement par cette question : la fibrine est-elle à l’état de suspension dans le sang, ou sous forme de dissolution? Cette dernière opinion étant supposée vraie, la fluidification ne peut être attribuée qu’aux sels ou aux gaz du sang. Le chlorure de sodium tend manifestement à rendre le sang plus liquide. Boussingault a remarqué que chez les animaux qui reçoivent une forte ration de sel, le sang se coagule plus difficilement; Cl. Bernard, en injectant du sel dans les veines d’un chien, a noté que, lors de la section d’une artère, le sang ne forme plus de caillot obturateur; il existe donc des substances fluidifiantes. Mais il esta remarquer que, pour obtenir cet effet, il faut toujours employer une dose bien supérieure à celle qui est contenue naturellement dans le sang; si, au contraire, on dépasse une certaine quantité, et si par exemple on traite le sang par une solution de chlorure de sodium au tiers, loin de se dissoudre ou de rester fluide, il laisse précipiter la plasmine.
Si les sels ne sont pas à même de tenir la fibrine dissoute dans les vaisseaux , ce rôle doit-il être attribué aux gaz du sang ?
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Parmi les gaz du sang, on a invoqué tour à tour l’action lluidiliante de l’acide carbonique et de l’ammoniaque.
Si, en effet, on renferme le sang dans un cœur lié et placé sous le mercure à l’abri de l’air, le sang reste fluide et devient noir; on a remarqué d’une autre part qu’il se coagule plus lentement, lorsque, avant la saignée, on l’arrête dans une veine par une double ligature. Dans ces divers cas, l’oxygène du sang se transforme en acide carbonique, auquel on accorde la propriété de maintenir la liquidité.
Mais la présence de l’acide carbonique ne suffit pas pour empêcher absolument la coagulation, qui finit toujours par avoir lieu (Brücke). Ce gaz n’a en effet d’autre propriété que de ralentir la coagulation et de rendre le caillot plus mou, plus imparfait; mais la plasmine n’a pas perdu la faculté de se transformer en caillot.
Si la fluidité ne peut être attribuée ni aux matières salines, ni à l’acide carbonique, il reste à savoir si on doit invoquer l’action de l’ammoniaque. D’après Richardson, dont le travail fut couronné par la Société royale de Londres, la fibrine se trouve dissoute à l'aide d’un principe volatil ; si on élimine ce principe par l’évaporation, la fibrine se concrète ; si on empêche l’évaporation de ce gaz, la coagulation ne se fait plus ; or, ce gaz n’est ni l’oxygène, qui a des tendances contraires, ni l’azote, ni l’acide carbonique, ce ne peut être que l’ammoniaque.
On peut en prouver l’existence en faisant évaporer le sang et passer la vapeur par l’acide chlorhydrique ; si on traite alors cet acide par le chlorure de platine, on obtient un chlorure ammoniacal de platine.
Il semble donc que l’ammoniaque existe dans le sang; mais cette démonstration n’est rien moins que péremptoire.
Les deux moyens les plus certains de reconnaître l’ammoniaque sont le papier d’hématoxyline et le réactif de Nessler. Celui-ci se compose ainsi : une solution de 2 grammes d’iodure de potassium dans 50 centimètres cubes d’eau est additionnée d’iodide de mercure jusqu’à ce qu’il ne se dissolve plus; cette liqueur est diluée et traitée par trois parties de lessive potassique concentrée. Les moindres (races d’ammoniaque donnent avec ce réactif une coloration jaune; avec, une plus grande
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quantité d’ammoniaque, il se forme un dépôt brun d’iodide ammoniacal de mercure.
Pour obtenir l’ammoniaque du sang, Thiry fait chauffer graduellement le sang dans le vide.
Zabelin objecta à ce procédé que l’ammoniaque en pareil cas ne se développe que par et pendant l’opération ; l’oxygène de l’atmosphère peut, en effet, dans certaines conditions déterminées par Schœnbein, former de l’acide nitreux et de l’ammoniaque avec l’azote de l’air et l’hydrogène de la vapeur d’eau. Cela est si vrai que des substances organiques indifférentes, comme la cellulose de la toile ou du papier, peuvent alors fournir de l’ammoniaque.
Pour parer à toute objection, et pour éviter l’intervention de l’air, Kühne et Strauch, au lieu d’épuiser le sang par le vide, déplacent l’ammoniaque par un courant d’hydrogène.
Voici le résultat de leurs recherches : tant qu’on n.e chauffe pas le sang à tiO degrés, on n’obtient pas d’ammoniaque ; à 68, il se forme toujours dans le réactif un dépôt produit par l’ammoniaque qui se dégage lorsqu’on coagule les matières albumineuses.
Il est donc à supposer que l’ammoniaque, loin d’être libre, fait partie d’un composé qui ne se détruit qu’à Z| 0 degrés. — Lorsqu’on ajoute au sang du carbonate d’ammoniaque, il suffit de chauffer à 35, pour que le réactif en décèle la présence.
L’expérimentation n’est pas plus favorable que la chimie à la théorie de Richardson. A l’appui de sa doctrine, ce physiologiste dit qu’en ajoutant de l’ammoniaque au sang frais, dans la proportion de 5 centimètres cubes pour 25 millimètres cubes de sang, on empêche ainsi la coagulation.
D’une autre part, si on traite par ce gaz du sang coagulé, le caillot se redissout , puis se reforme à nouveau, si on évapore l'ammoniaque. Ainsi le dégagement de l’ammoniaque semble être la cause directe de la coagulation; toutes les circonstances connues qui favorisent ce phénomène, ainsi l’action de la chaleur et de l’air, s’expliqueraient par l’évaporation du principe gazeux.
.Mais toute cette doctrine ne put résister aux expériences