‹ Leçons de pharmacodynamie et de matière médicale (volume 2)Chapitre 101 sur 406 · ANESTHESIE LOCALE · texte numérisé non relu

ANESTHESIE LOCALE

même genre, mais dans ce cas particulier les nerfs sensilifs conservent leur sensibilité au fur et à mesure qu'on se rapproche des centres et, surtout, V excitabilité sensitive de la moelle est toujours intacte^ si longtemps qu'on puisse prolonger l'action de la substance qui détermine l'insensibilité ou l'anesthésie locale. Et, en effet, vous pouvez très bien, après avoir déterminé chez un animal une insensibilisation locale même très étendue dans une région, dans un membre par exemple, injecter dans le membre ainsi insensibilisé localement une solution de sulfate de strychnine et vous verrez toujours la strychnine déterminer ses phénomènes caractéristiques, c'est-à-dire la tétanisation, et par conséquent mettre en jeu l'excitabilité réflexe du nerf sensitif à son origine médullaire.

Dans le cas de l'anesthésie locale, les phénomènes d'insensibilité ne s'étendent pas au delà du point touché par la cause anesthésiante ; et le résultat est absolument comparable avec l'arrêt de la circulation dans une région limitée du corps.

Par conséquent, tout aussi bien pour les phénomènes qui se passent dans la mort naturelle du nerf que pour les phénomènes déterminés soit par les hypno-aneslhésiques, soit par les hypnotiques, l'action exercée sur l'extrémité périphérique du nerf sensitif diffère essentiellement de l'action exercée sur l'extrémité centrale.

RÉSUMÉ ET CoivcLUSioivs. — Messieurs, j'ai terminé ici la physiologie générale de l'anesthésie. Nous avons consacré trois leçons à passer en revue les principaux phénomènes qui sont justiciables de cette physiologie générale; et je crois qu'il ne sera pas inutile de résumer les observations dont nous avons eu à nous occuper et de mettre en évidence les conclusions auxquelles nous avons pu arriver. L'expérimentation et la discussion des résultats expérimentaux nous ont enseigné un certain nombre de faits qu'il y a lieu de retenir.

I. — En premier lieu, une substance hypno-anesthésique (ou un anesthésique, si vous le voulez, puisque c'est une locution consacrée) doit être une substance volatile, éminement absorbable et qui, chez les animaux à sang chaud tout au moins, doit être introduite par les voies respiratoires pour exercer rapidement et utilement son action. Cette substance anesthésique, je vous l'ai montré expérimentalement, se trouve dès le début dans le sang; on peut, après une seule inhalation, en retrouver les traces. Elle agit au contact des

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