‹ Leçons de pharmacodynamie et de matière médicale (volume 2)Chapitre 106 sur 406 · DISPARITION DE LA SENSIBILITÉ · texte numérisé non relu

DISPARITION DE LA SENSIBILITÉ

attribués àTexcitatioû diffuse des centres psycho-moteurs, tandis que d'autres physiologistes, comme M. Dastre, les attribuent à Texci talion des nerfs sensitifs bulbo-médullaires.

B. Phase de C abolition du fonctionnement des hémisphères. — Celle première phase ne tarde pas à être suivie d'une seconde, qui est la phase d'abolition du fonctionnement des hémisphères cérébraux. Comme vous le savez, c'est la disparition des phénomènes de conscience et de perception sensorielle qui ouvre la marche. Cette période constitue celle du sommeil et du repos; ce n'est pas encore la période d'anesthésie chirurgicale, mais c'est celle qui la précède immédiatement, qui indique en quelque sorte que cette période chirurgicale est imminente.

Celte période de sommeil et de repos résulte des modifications éprouvées par les éléments nerveux corticaux : elle résulte, pour une part, d'une anémie cérébrale, et pour une part également, des mutations physico-chimiques qui accompagnent cette anémie, mutations dont nous avons admis, jusqu'à plus ample informé, que les modifications des prolongements protoplasmiques des neurones sont une conséquence.

C. Disparition de la sensibilité, — A cette phase succède très rapidement la disparition de la sensibilité : la moelle se trouve intéressée à son tour, après un intervalle plus ou moins accentué, et cette atteinte se traduit par la disparition de la sensibilité. Ici, la période de surexcitation qu'il faut évidemment admettre puisque tous les faits prouvent qu'elle doit exister, cette période de surexcitation est tellement réduite qu'on n'a véritablement aucun phénomène précis à lui rapporter; à moins qu'on ne veuille lui attribuer certains phénomènes d'hallucination, dont je vous parlais tout à l'heure, hallucinations qui auraient comme cause occasionnelle le contact, c'est-à-dire une origine périphérique.

Comme cela se produit avec tous les anesthésiques d'ailleurs, — il y a sous ce rapport quelques petites différences pour chacun d'eux, — les diverses sensations sont dissociées : la sensibilité générale à la douleur disparaît la première, puis ensuite les différentes sortes de sensibilité tactile. En ce qui concerne spécialement le chloroforme, le système sensoriel tégumentaire est affecté d'une façon spéciale suivant la marche envahissante de l'anesthésie : c'est d'abord la sensibilité des membres et du tronc qui disparaît la première, puis celle

Page 1