‹ Leçons de pharmacodynamie et de matière médicale (volume 2)Chapitre 107 sur 406 · ANESTHESIE ET RESOLUTION MUSCULAIRE · texte numérisé non relu

ANESTHESIE ET RESOLUTION MUSCULAIRE

de la face, ensuite celle de la muqueuse nasale de la sous-cloison, puis celle des téguments de Tœil; après cela, les organes des sens sont frappés à leur tour, c'est d'abord l'œil qui est intéressé et en dernier lieu l'oreille.

Les sensations auditives sont les dernières à disparaître; l'oreille est, ainsi qu'on l'a dit, VuUimum moriens avec le chloroforme. C'est ainsi qu'un sujet, peu de temps avant la période d'aneslhésîe chirurgicale, profonde, est encore capable d'entendre des sons, et même de répéter ou de prononcer certains lambeaux de phrases ou certains mots sans suite, par l'effet d'un réflexe purement automatique.

Comme je vous l'ai déjà dit, les organes splanchniques, à sensibilité sympathique, résistent le plus longtemps; par exemple, le tube digestif et les organes génitaux. Je n'insiste pas sur ce point, sur lequel j'ai déjà insisté à propos de la physiologie générale des anesthésiques.

Deuxième période. Anestliésie et résolution musculaire. — La seconde période constitue celle de l'anesthésie et de la résolution musculaire parfaite, la sensibilité est éteinte avant la motilité ou même avant le pouvoir excito-réflexe. Dans une première phase, la motilité réflexe est conservée et même exagérée par suite de cette excitation préparalytique dont je parlais tout à l'heure, d'une part, et, d'autre part, par suite de la suppression de l'activité des hémisphères cérébraux qui exercent une action inhibitrice très marquée sur les réflexes. Dans une deuxième phase, la motilité réflexe est complètement abolie.

Dans la première phase, celle où l'activité réflexe n'est pas complètement éteinte, on voit se produire très fréquemment, surtout du côté des muscles de l'appareil respiratoire, une excitation qui se traduit par une sorte de crise tétanique, par du trismus, par du tétanos du plancher de la bouche et même des membres. Mais ces phénomènes peuvent aussi bien être interprétés par cette sorte de combinaison de l'asphyxie avec l'anesthésie, sur laquelle j'ai déjà appelé votre attention; ou plutôt, ce qui me paraît beaucoup plus exact, ces phénomènes peuvent être attribués à une anoxyhémie qui détermine l'excitation du pouvoir automoteur des centres.

Ce qui tend à faire admettre cette dernière interprétation, c'est une expérience de Paul Bert qui consiste à déterminer l'asphyxie par immersion d'un animal complètement anesthésié : malgré l'état

Page 1