FAIBLESSE DE L'EFFORT EXPIRATOIRE
en même temps le type dicrote, c'est-à-dire qui subit un ressaut au début de la période d'expiration.
S'il se produit pendant ce temps une phase d'agitation, on voit le nombre des mouvements respiratoires augmenter dans une large mesure; leur amplitude s'accroît, mais la respiration costale inférieure prédomine toujours. Si l'on pratique la section des phréniques, on constate l'arrêt de la respiration abdominale et la reprise des mouvements respiratoires du thorax.
Diminution de la force expansive du thorax. — Deux faits surtout sont extrêmement importants, en ce qui concerne la respiration sous l'influence du chloroforme. Le premier de ces deux faits concerne la diminution de la force expansive du thorax : on a pu, chez le chien, déterminer quel était le poids minimum sufflsant à empêcher les mouvements d'expansion de la cage thoracique. Voici le résultat d'une expérience faite à ce sujet par Paul Bert : il s'agit d'un chien de 12^",850 grammes chez lequel, avant l'anestbésie, il fallait un poids de 75 kilogr. pour empêcher le développement thoracique des mouvements respiratoires; après l'insensibilité déterminée parle chloroforme, en employant un mélange titré bien entendu, ce poids n'était plus que de 58 kilog. Plus tard, il ne fut plus que de 55 kilog. ; et enfin, environ une heure après le début de l'anesthésie, un poids de 25 kilogr. suffisait pour empêcher absolument le mouvement d'expansion du thorax.
Faiblesse de TelTort expiratoire. — Mais ce n'est pas là, Messieurs, le point le plus important des modifications déterminées par le chloroforme sur la mécanique respiratoire. La faiblesse de l'effort expiratoire est en effet beaucoup plus importante à considérer, comme vous allez le voir. MM. Richet et Langlois ont déterminé cette faiblesse de l'effort expiratoire en faisant respirer un animal anesthésié à travers une colonne de mercure. Vous savez que l'homme ou un animal ne peut inspirer ou expirer à travers une colonne de mercure dont la hauteur dépasse une valeur déterminée : pour l'homme, par exemple, l'inspiration ou l'expiration est absolument impossible avec une colonne de mercure de 100 millimètres de hauteur. Eh bien, si Ton prend un chien et qu'on détermine chez lui l'anesthésie par la méthode des mélanges titrés, suivant le principe de Paul Bert, on voit que l'effort inspiratoire n'est pas très modifié et que l'animal peut effectuer des mouvements d'inspira-