‹ Leçons de pharmacodynamie et de matière médicale (volume 2)Chapitre 117 sur 406 · INTOXICATION AIGUË · texte numérisé non relu

INTOXICATION AIGUË

qui sont communs à l*élhéromanie, à la chloroforraomanie et même à lalcoolisme.

Mais, il est bien plus important pour nous cl*envisager Tintoxication aiguë par le chloroforme, qui est de beaucoup la plus fréquente. Cette intoxication peut être accidentelle ou bien volontaire.

Lorsque le chloroforme est administré par la voie gastro-intestinale, par la voie buccale, on observe chez les individus qui en ont absorbé une dose suffisante des phénomènes d*ivresse, d'excitation, la perte de Tinlelligence et des sons. Ici, comme lorsque le chloroforme est administré par les voies respiratoires, c'est le sens de Touïe qui persiste le dernier. Puis, survient le sommeil, la période de résolution musculaire, Tanesthésie complète avec ralentissement et embarras de la respiration et de la circulation, un abaissement notable de température.

Comme vous le voyez, ces phénomènes sont très comparables à ceux que produit l'administration du chloroforme par les voies respiratoires. On possède les observations d'un certain nombre de cas d'intoxication accidentelle ou volontaire déterminée par une ingestion de chloroforme. Dans la plupart des ouvrages de médecine légale et de toxicologie, vous trouverez relatées des observations d'individus qui ont essayé de s'empoisonner en absorbant une dose plus ou moins considérable de chloroforme.

Le cas le plus intéressant que je connaisse est celui qui a été relaté il y a quelques années par M. Marfan qui l'a observé dans le service de Peler à l'hôpital Necker, Il s'agissait d'un homme de quaranteneuf ans qui, voulant se suicider, absorba 60 grammes de chloroforme à huit heures du matin; il éprouva aussitôt une sensation extrêmement douloureuse au niveau du creux épigastrique ; et, au bout de fort peu de temps, il tomba dans une sorte de sommeil comateux dont il ne se réveilla que vers neuf heures du soir. A ce moment, la douleur épigastrique était encore plus intense, il se coucha ; et, dans la nuit, il fut pris de vomissements de sang pur. Le lendemain, le malade ressentait toujours une douleur atroce au creux épigatrisque et il continua d'avoir des vomissements alimentaires et sanglants, mais ne renfermant pas la moindre trace de bile; puis, il ne tarda pas à donner des signes de gastro-entérite ulcéreuse caractérisée par de la gastralgie, des hématémèses, des melœna. Au

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