CAUSES OCCASIONNELLES
lorsqu'on a affaire à des individus courageux, se soumettant résolument à une opération chirurgicale, ayant confiance dans Tanesthésie et dans leur opérateur, voit-on rarement survenir des accidents. II en est tout autrement si l'individu est préoccupé, quelle que soit d'ailleurs la nature de cette préoccupation, que ce soit une préoccupation morale ou de la pure sensibilité. Ces sujets sont en état d'éprouver très facilement une syncope réflexe par les causes dont il a été question tout à l'heure.
J'ai déjà appelé votre attention sur les masques qui sont employés pour déterminer l'anesthésie, en vous signalant la claustrophobie comme une condition qui peut favoriser la production des syncopes cardiaques. C'est ainsi que l'emploi des masques à soupapes et des bonnets fermés est certainement très préjudiciable au bon fonctionnement de l'appareil respiratoire du patient; et, de plus, chez certains individus qui ont la peur de respirer dans un petit espace, cela favorise certainement la syncope qu'il s'agit d'éviter.
La cause occasionnelle d'ordre réflexe produit ce que l'on peut appeler la vraie syncope réflexe; c'est celle qui se produit par suite de l'irritation d'un nerf sensitif, irritation qui est particulièrement à craindre chez les individus nerveux, chez les hystériques et surtout chez les alcooliques.
Enfln la cause occasionnelle d'origine mécanique peut se produire par suite d'un changement subit dans Tétat statique de l'individu. C'est ainsi qu'on voit fréquemment, lorsque l'opération chirurgicale à exécuter exige cette manœuvre, un individu être pris d'une syncope brusque lorsqu'on le fait passer rapidement de la station horizontale à la station verticale. Un obstacle à la circulation cérébrale est encore une cause mécanique du même genre. La constriction du cou est à cet égard tout à fait remarquable. Lorsque l'individu est en état d'anesthésie, le système vasculaire est en effet absolument comparable à un tube mou et flasque, incomplètement rempli de liquide, et dans lequel ce liquide se précipite dans tous les sens suivant la position qu'on fait occuper au malade.
A une période plus avancée de l'anesthésie, on peut observer l'arrêt du cœur; brusque, ou lent. L'arrêt respiratoire lui-même peut être lent et progressif, ou bien survenir brusquement à la suite d'un spasme tétanique de la glotte. Ce sont ces deux syncopes que M. Dastre a qualifiées de syncopes automatiques par opposition, pré-