‹ Leçons de pharmacodynamie et de matière médicale (volume 2)Chapitre 149 sur 406 · CAUSES OCCASIONNELLES · texte numérisé non relu

CAUSES OCCASIONNELLES

cisément, aux syncopes primitives qui sont d'origine réflexe. Dans ce cas, laction de la substance anesthésique se produit par suite de l'extension de l'excitation au bulbe.

Lorsque l'intoxication chloroformique est complète, c'est-à-dire lorsque l'anesthésie est absolue, l'apnée toxique peut se produire par suite de la pénétration de tous les éléments anatomiques par le chloroforme. Tous les éléments anatomiques, mais les éléments ner- Yeux surtout, parce que ce sont les plus impressionnables, sont atteints dans leur vitalité. Ici, l'action de la substance anesthésique est successive et profonde; mais, dans cette action, il y a un mécanisme qui supporte presque à lui seul tout le premier choc de la substance toxique, c'est le mécanisme de la respiration.

En effet, dans cette période de l'anesthésie on a très rarement vu le cœur s'arrêter d'emblée ; j amais une observation de ce genre n'a pu être relevée dans les essais d'anesthésie mortelle qui ont été effectués sur les animaux par la méthode des mélanges titrés. C'est toujours la syncope respiratoire qui ouvre la scène; mais la syncope cardiaque, si elle ne la précède pas, la suit de très près; et c'est précisément là ce qui rend cette apnée toxique si particulièrement dangereuse, si particulièment irrémédiable; c'est parce qu'elle est suivie à quelques minutes, et souvent même à quelques secondes, de la syncope cardiaque contre laquelle il est absolument impossible de rien faire.

Cette apnée qu'on observe dans la période toxique de l'action du chloroforme peut revêtir diverses formes; elle peut revêtir le type physiologique, qui est caractérisé par des inspirations de plus en plus lentes, de plus en plus superficielles, qui deviennent à la fin purement diaphragmatiques. Elle peut être favorisée, bien entendu, par des complications du côté de l'appareil respiratoire, comme de la gêne mécanique déterminée par l'accumulation des mucosités dans le pharynx, par la chute de la base de la langue à la suite du relâchement des muscles suspenseurs de l'appareil hyoïdien, par des adhérences pleurales limitant plus ou moins l'expansion des parois thoraciques. Elle peut être facilitée encore par des lésions pathologiques comme de la congestion pulmonaire, congestion pulmonaire qui elle-même peut être aggravée dans une large mesure lorsque le chloroforme ne sera pas absolument pur et renfermera seulement des traces infinitésimales de substances irritantes comme de l'acide

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