DIVISION DES SYNCOPES
chlorhydrique par exemple, mais surtout de roxychlorure de carbone dont Taction nocive viendra s'ajouter à l'action déjà irritante par elle-même du chloroforme.
J'ai suffisamment appelé votre attention sur la diminution considérable de la puissance expiratoire pour n'avoir pas besoin d'y revenir ici. Je vous rappelle seulement que, dans la période d'anesthésie confirmée, l'expiration est purement passive et due uniquement à l'élasticité pulmonaire. C'est précisément à cette période que le moindre obstacle à l'expiration se traduit par des bruits respiratoires qui ont une importance considérable; ce sont des râles, des ronchus, des ronflements, la respiration sifflante ou striduleuse qu'on voit ordinairement accompagnée d'agitation, de convulsion, de congestion qui indiquent précisément l'imminence de Fasphyxie.
On peut, au point de vue pratique, diviser comme l'ont fait certains auteurs, les syncopes respiratoires en syncopes blanches qui s'accompagnent de pâleur de la face — ce sont surtout les syncopes laryngo-réflexes, bulbaires et toxiques qui présentent cette particularité — et en syncopes rouges ou congestives qui sont plutôt des syncopes dues à des arrêts mécaniques. J'insiste sur ce point : quel que soit le soin avec lequel l'anesthésie soit dirigée, même si l'on emploie, comme je vous l'ai dit maintes fois, des mélanges titrés, la mort se produit toujours par arrêt primitif de la respiration et jamais par arrêt primitif du cœur.
De sorte qu'à première vue il semble que le grand danger de l'anesthésie soit la syncope respiratoire. En efl'et, vous verrez adopter par certains auteurs une division un peu difl'érente de celle que je viens de vous retracer pour l'étude des divers accidents de l'anesthésie. Ces auteurs ne reconnaissent que deux divisions : l'une constituée par la syncope respiratoire convulsive, l'autre par la syncope respiratoire parésique ou adynamique : seulement, ils sont obligés de faire, dans la première, une subdivision qui revient précisément à la division que j'établissais tout à l'heure.
C'est ainsi que M. Aubeau dont la compétence en matière d'anesthésie est indiscutable et justifiée par sa collaboration avec Péan et ses travaux dans le laboratoire de Paul Bert où il l'a assisté dans un grand nombre de ses expériences, M. Aubeau ne reconnaît que deux syncopes : la syncope respiratoire convulsive, qui se produit au début, lorsqu'à la suite d'une ou deux inhalations de chloroforme