‹ Leçons de pharmacodynamie et de matière médicale (volume 2)Chapitre 151 sur 406 · DIVISION DES SYNCOPES · texte numérisé non relu

DIVISION DES SYNCOPES

rindividu éprouve tout d*un coup de la suffocation, se raidit dans une secousse musculaire convulsive et tombe comme foudroyé. C'est la syncope primitive, la syncope laryngo-réflexe de M. Dastre et de M. Duret.

Mais M. Âubeau est obligé de faire ici une subdivision et de reconnaître que, dans certains cas, quelques minutes après le début des inhalations chloroformiques, et alors que Tindividu est dans la période d'excitation, période caractérisée par des cris, des chants, des mou- Tements convulsifs, on voit tout d'un coup la respiration se faire par saccades ; plusieurs inspirations, profondes et précipitées, suivies d'une expiration tellement prolongée qu'on se demande si elle n*est pas la dernière, puis, tout d'un coup, la respiration est brusquement suspendue, le malade tombe inerte et le cœur cesse de battre. Comme TOUS le voyez, voilà bien la copie exacte de ce que nous appelions tout à l'heure la syncope respiratoire automatique, c'est-à-dire la syncope secondaire.

La seconde division, comprenant la syncope respiratoire parésiqùe ou adynamique, reproduit exactement le tableau que je vous faisais tout à l'heure de l'apnée toxique : la respiration devient lente, paresseuse, superficielle, sans déplacement appréciable des côtes; et tout d un coup, elle se suspend définitivement. Cette syncope survient, quelquefois, pendant que le patient entend encore et est capable d'obéir aux injonctions du chirui^ien : cela s'observe chez les sujets épuisés, cachectiques, pusillanimes, impressionnables. L'abus est, ici, relatif à l'état du sujet; mais c'est bien toujours à la dépression continue et progressive du système nerveux que l'on doit attribuer la production de cet accident.

En somme, il est, je crois, très rationnel et utile pour l'étude, de conserver les cinq divisions établies par M. Dastre et M. Duret : deux syncopes primitives, l'une respiratoire, l'autre cardiaque ; deux syncopes secondaires, l'une cardiaque, l'autre respiratoire, et enfin l'apnée toxique.

Mais ce serait une erreur de croire que la syncope respiratoire soit réellement la plus dangereuse : elle est plus tapageuse et sollicite davantage l'attention par ses manifestations, mais, en réalité, ce ^nt les syncopes cardiaques qui constituent le vrai danger. Le ^nger vient du cœur et non de la respiration. En effet, l'état du cœur, comme nous le verrons bientôt, fournit les principales contre-

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