LE DANGER VIENT DU CŒUR
indications; Tarrêt du cœur est à peu près sans ressources alorsque l'arrêt respiratoire peut être plus ou moins facilement enrayé par la pratique de la respiration artificielle. En réalité, il est rigoureusement exact de reconnaître, avec M. Dastre, que le danger résultant de la syncope respiratoire serait à peu près nul sans l'imminence de la syncope cardiaque qui suit de si près la syncope respiratoire.
L'arrêt du cœur est toujours dû à un phénomène d'excitation, au moins dansquatre des accidents sur les cinq que nous avons étudiés. En effet, lorsqu'il s'agit de syncope respiratoire primaire ou du début, cette syncope est due à l'excitation, réfléchie sur le bulbe, des nerfs sensitifs des premières voies aériennes ; c'est le trijumeau ou le laryngé supérieur qui conduisent l'action réflexe, et la preuve, c'est qu'il ne se produit pas d'accidents de ce genre chez les animaux chez lesquels on fait pénétrer la substance anesthésiante par la trachée, au-dessous du larynx. C'est là, d'ailleurs, un des dangers, peut-être le plus grand danger, de la méthode par sidération.
Quant à la syncope respiratoire secondaire ou automatique, elle est due à l'excitation du centre bulbaire qui se trouve directement intéressé par les progrès de la substance anesthésique, soit que les vapeurs anesthésiques pénètrent tout d'un coup en trop grande abondance, soit que l'excitabilité se trouve accrue par des conditions particulières. La preuve, ou plutôt les preuves, c'est, d'abord, le moment où le phénomène se produit, c'est lors de la période d'excitation, alors que la moelle vient à être excitée à son tour par la pénétration de la substance anesthésique, c'est à ce moment qu'on voit se produire ces accidents; d'autre part, le type de l'arrêt, car, dans ce cas, l'expiration est beaucoup moins entravée que l'inspiration, ce qui est précisément le contraire de ce qui se produit à la troisième période dans l'apnée toxique.
Ces syncopes respiratoires, comme je vous le disais à l'instant, ne sont pas mortelles par elles-mêmes, mais elles sont mortelles par les syncopes cardiaques qui les suivent de très près. L'inhibition cardiaque se produit par excitation automatique du noyau des vagues et non par un arrêt parésique du cœur. Une preuve de ce fait nous est fournie par une très jolie expérience de MM. Dastre et Morat relativement à l'action du sang asphyxique sur les animaux : lorsqu'on vient à déterminer par ce moyen chez un animal l'arrêt pri* mitif du cœur, on peut, au moment où l'animal est sur le point de