‹ Leçons de pharmacodynamie et de matière médicale (volume 2)Chapitre 153 sur 406 · SYNCOPES CARDIAQUES · texte numérisé non relu

SYNCOPES CARDIAQUES

succomber à Tasphyxie, sectionner les deux pneumo-gastriques et on voit alors le cœur, qui était en imminence d'arrêt, repartir avec un rythme accéléré, ce qui retarde considérablement Tissue mortelle.

Les preuves que les syncopes cardiaques sont dues à des phénomènes d'excitation sont bien faciles à fournir. En effet, une syncope primitive, comme nous l'avons vu, est toujours déterminée par une excitation douloureuse d'un nerf de la sensibilité générale. Vous vous rappelez cette expérience de Vulpian et de François-Franck qui montre combien l'excitabilité du modérateur cardiaque est accrue au début de l'anesthésie : les syncopes qui se produisent au moment de la première incision, ou bien lorsque l'individu, en état d'anes- Ihésie insuffisamment profonde, s'imagine éprouver une douleur considérable lorsqu'on vient à toucher la surface de son tégument cutané avec une éponge mouillée ou un rasoir, sont encore des preuves de cet ordre. J'ai insisté également sur ce fait que cette hyperexcilabilité des vagues diminue très lentement pour ne disparaître qu'à une période très éloignée et après un temps très long d'anesthésie confirmée. Nous savons même que cette excitabilité exagérée ne disparaît jamais complètement; et que, quelle que soit la période de Tanesthésie à laquelle on considère l'animal ou l'individu, le pneumogastrique n'a jamais perdu entièrement son pouvoir d'arrêt sur le cœur.

Quant à la syncope cardiaque bulbaire ou secondaire, comme elle ne se produit que par l'excitation du noyau bulbaire modérateur du cœur, le fait se trouve vérifié par là même.

Il résulte de ces considérations que tous ces arrêts sont actifs, qu'ils sont déterminés par l'action du pneumo-gastrique et qu'ils sont de nature à être entravés dans une certaine mesure par la suppression de l'activité de ce pneumo-gastrique. De telle sorte que deux moyens se présentent à nous pour remédier aux dangers des syncopes cardiaques et des syncopes respiratoires : l'une consiste à supprimer l'activité du pneumo-gastrique, l'autre à réaliser une économie de chloroforme, c'est-à-dire à faire une moindre consommation de chloroforme, pour obtenir les mêmes effets anesthésiques. Nous nous occuperons plus en détail des procédés qui peuvent permettre d'arriver à ce résultat lorsque nous étudierons les méthodes d'anesthésie mixtes; mais je puis vous dire immédiatement que les travaux de

MM. Dastre et Morat, auxquels j*ai déjà fait allusion, ont montré qu^on pouvait compter sur de bons effets par Temploi de Tatropine, dont Faction sur les vagues devient alors précieuse et permet de remédier, dans une ètr large mesure, à cette excitabilité exagérée du pneumogastrique : en même temps, cette méthode de MM. Dastre et Morat, que nous étudierons plus tard parmi les méthodes d*anesthésie mixte, d'anesthésie combinée, permet d'employer une bien moins grande quantité de chloroforme pour arriver à Tanesthésie.

Pour aujourd'hui, je voudrais terminer ce qui a traita ces accidents de la chloroformisation en envisageant leur traitement, c'est-à-dire les procédés à l'aide desquels on peut arriver à lutter contre ces acci. dents lorsqu'on les voit se produire.

Tout d'abord, cela va sans dire, la première de toutes les indications consiste à susprendre les inhalations de chloroforme et à aérer le plus possible le local, à faire inspirer le plus possible d'air pur au malade. Mais les indications qu'il s'agit de remplir, en plus, sont de trois ordres. D'abord, il faut ranimer les contractions cardiaques; ensuite il faut entretenir arlidciellement la respiration; et, enfin, il faut écarter toutes les causes mécaniques d'asphyxie.

La respiration artiflcielle, comme je vous l'ai fait pressentir tout à l'heure, pare au danger de l'anesthésie profonde pouvant entraîner la mort par apnée ; mais il faut bien reconnaître qu'elle est absolument impuissante lorsque la syncope cardiaque est primitive et qu'elle précède, ou suit immédiatement, l'arrêt respiratoire, comme dans le choc chloroformique (ce que l'on a appelé encore le choc initial), la syncope laryngo-réflexe, et même la syncope secondaire. Il ne faudrait pas croire, comme on Ta dit, que c'est là un procédé infidèle, capricieux; ce n'est pas exact du tout, c'est simplement un procédé adéquat à certaines conditions déterminées, seulement capable de remédier efficacement à l'arrêt respiratoire et qui ne peut en rien remédier à l'arrêt cardiaque.

Les procédés à l'aide desquels on peut pratiquer la respiration artificielle sont très nombreux ; vous les connaissez sans doute tous, je ne vous les décrirai donc pas en détail ; je me bornerai à vous les rappeler en passant. On a proposé d'abord l'insufflation buccale et pharyngienne. Ce sont des procédés à peu près illusoires, par cette raison que l'individu qui est en état de syncope imminente, ou chez lequel la syncope s'est déjà produite, a besoin de respirer de l'air

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