‹ Leçons de pharmacodynamie et de matière médicale (volume 2)Chapitre 154 sur 406 · RESPIRATION ARTIFICIELLE · texte numérisé non relu

RESPIRATION ARTIFICIELLE

pur et non pas de Tair plus ou moins souillé déjà par des produits de Texpiration. L'insufflation trachéale, insufflation qu'on peut déterminer avec les sondes de Chaussier, de Depaul, de Tarnier, de Marcel, etc., est un procédé supérieur au précédent, mais qui n'est pas encore parfait. Il en est de même des manœuvres thoraciques de Marshall ou du procédé de Pacini, du soulèvement rythmique du moignon des épaules. Tous ces procédés sont moins inefficaces que l'insufflation buccale et pharyngienne, mais ils sont inférieurs soit à Imsufflation nasale, soit aux tractions rythmées de la langue par le procédé de Laborde.

Lorsqu'on essaye de pratiquer la respiration artificielle à l'aide de l'insufflation nasale, ce que l'on peut très bien réaliser avec la machine de M. Raphaël Dubois, comme je vous l'ai indiqué en vous décrivant cet appareil, ou plus simplement avec un soufflet ou une poire en caoutchouc, il faut faire une quinzaine d'insufflations nasales par minute. Lorsqu'on procède à des tractions rythmées de la langue, on doit faire également une quinzaine de tractions rythmées par minute pour se rapprocher, autant que possible, des conditions normales de la respiration.

Un procédé qui donne d'excellents résultats, mais qui doit être employé pour cela d'une façon particulièrement délicate et judicieuse, c'est celui de Howard, ou le procédé de faradisation des phréniques. n faut, pour que ce procédé réussisse, qu'il soit employé dans des conditions tout à fait particulières. On doit d'abord ne pas placer les deux électrodes du côté gauche, parce qu'on risque alors une syncope cardiaque. Une des électrodes sera placée dans la région du cou, à gauche par exemple, et l'autre électrode sera placée sur le thorax, à droite. Il faut avoir soin que les deux électrodes de l'appareil soient petites et bien imbibées d'eau salée. Il faut choisir, pour la région du cou sur laquelle on met l'une des électrodes, le point de croisement du phrénique avec le paquet musculaire du scalène, point que l'on dégage en refoulant, avec l'électrode, vers la ligne médiane le bord interne du sterno-cléido-mastoïdien ; on placera la deuxième électrode vers le sixième ou le septième espace intercostal. De plus, il faut avoir soin de ne faire passer le courant que pendant l'inspiration; le rappel des mouvements respiratoires peut être facilité en même temps, l'inspiration, par des manœuvres externes en soulevant le thorax avec les deux mains pour mobiliser les côtes, et l'expiration,

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lorsque le diaphragme s'abaisse, par une légère pression sur le thorax. C'est, en réalité, la combinaison d'une partie des mouvements de Marshall pour la respiration artilîcielle avec la faradisation. Enfln il ne faut pas faire plus de sept à dix excitations par minute et employer un courant modéré pour éviter précisément un spasme qui amènerait une raideur tétanique des muscles qu'on veut faire manœuvrer.

On a proposé d'employer la faradisation superficielle, pratiquée à l'aide du pinceau métallique, comme moyen de stimulation : il ne faut jamais perdre de vue que cette faradisation superficielle expose toujours à une répercussion sur le bulbe; et, par conséquent, expose à une syncope cardiaque beaucoup plus grave que l'arrêt respiratoire contre lequel on cherche à lutter.

Quant à la syncope cardiaque qui viendrait à précéder l'apnée, le seul procédé rationnel pour son traitement consisterait dans la faradisation du segment cervico-dorsal de la moelle pour ranimer l'action des accélérateurs cardiaques. Mais on se heurte ici à un très grave danger qu'il est presque impossible d'éviter, c'est celui d'une excitation du bulbe qui vient précisément à l'enconlre du but qu'on cherche à obtenir. On a proposé de remédier à ce danger par l'emploi des inhalations du nitrite d'amyle. Les inhalations de nitrite d'amyle exposent encore à peu près au même danger et, en réalité, je ne sais trop lequel des deux procédés présente le moins de risques. Je développerai plus tard, en vous parlant du nitrite d'amyle, le mécanisme de Faction physiologique de cet éther ; et je vous détaillerai les raisons qui me paraissent devoir le faire repousser dans cette circonstance.

Dans ces derniers temps, on a proposé de lutter contre l'arrêt des contractions cardiaques en ouvrant le thorax et en pratiquant le massage manuel du ventricule gauche du cœur. Sur les animaux, le procédé réussit assez bien ; et l'on a montré que des excitations rythmées déterminées par compression manuelle sur le ventricule gauche étaient capables, après 40 ou 50 contractions artificielles, de ramener la contraction spontanée du cœur, et cela jusqu'à une période de cinq minutes au maximum après que Tarrêt s'est produit; toutes les tentatives sont absolument inutiles lorsqu'on attend un espace de temps plus long que cinq minutes.

Des chirurgiens — dernièrement M. Tuffier faisait à la Société de chirurgie une communication à ce sujet — ont proposé, comme

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