‹ Leçons de pharmacodynamie et de matière médicale (volume 2)Chapitre 161 sur 406 · AGE — SEXE · texte numérisé non relu

AGE — SEXE

emploie est plus réglé et plus sûr, qu*il s*agisse du procédé de Paul Bert par l'emploi des mélanges titrés, ou bien qu'il s'agisse du procédé par inhalation continue et lente. C'est là ce que j'entends par modes d'administration mieux réglés; ce sont ces modes d'administration qui exposent le moins, ainsi que nous l'avons vu, aux accidents par le chloroforme.

État constitutionnel. — Il y a lieu, pour ces contre-indications, de tenir compte d'un certain nombre de circonstances particulières. Tout d'abord l'état constitutionnel du sujet, c'est-à-dire les causes relatives à l'âge, au sexe, au tempérament de l'individu. Une sorte d'axiome émis par les chirurgiens anglais au moment de la découverte de l'anesthésie est absolument juste et doit être pris à la lettre : trop de prostration ou trop d'excitation sont des conditions éminemment nuisibles qui doivent faire regarder à deux fois avant d'employer l'anesthésie, si l'on est obligé, pour pratiquer une opération grave, d'avoir recours à une anesthésie profonde et assez longtemps prolongée.

En ce qui concerne les enfants, j'ai déjà appelé votre attention sur ce fait qu'ils supportent admirablement l'anesthésie; et, en effet, en Allemagne, des chirurgiens, comme Kallenthaler, relatent un assez grand nombre d'opérations chloroformiques pratiquées chez des enfants de cinq à trente jours; Nordmann et Heyfelden rapportent des anesthésies pratiquées chez des enfants depuis l'âge d'un mois jusqu'à l'âge de dix mois; en France, Giraldès, Saint-Germain, Lannelongue, disent n'avoir jamais observé d'accident; enfin M. Bergeron considère l'emploi de l'anesthésie chez les enfants comme étant d'une innocuité absolue.

En ce qui concerne le sexe, je vous ai dit que les femmes présentent une prédisposition particulière aux accidents nerveux en raison de leur nature même; mais ce sont principalement les individus nerveux et anémiques qui, ainsi que nous l'avons vu, sont les plus prédisposés aux accidents de syncopes. Les individus à tendance syncopale habituelle, les gens impressionnables, ceux qui sont dans de mauvaises conditions psychiques au moment de l'opération^ les peureux, les craintifs, les gens faciles à déprimer par le fait même d'une souffrance antérieure assez longue, sont exposés surtout aux accidents de syncopes, mais principalement à ces syncopes du début qui sont, comme nous l'avons reconnu, l'un des accidents les plus

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