ÉTATS PATHOLOGIQUES
roformique. Il en est de même de la tuberculose et des adhérences
pleurales, en raison des troubles qu'elles apportent au fonctionnement f îj
de l'appareil respiratoire, troubles qui peuvent mener également à
celle apnée initiale ou finale.
Enfin, les affections rénales et hépatiques ont été considérées par certains comme des contre-indications à l'emploi de lanesthésie chloroformique. On a voulu se baser pour cela sur un certain nombre de considérations, sur ce fait, qu'assez fréquemment, à la suite de 1 anesthésie chloroformique on voyait apparaître de l'albumine dans les urines, d'où l'on pouvait conclure que le système rénal était plus ou moins intéressé par l'anesthésie. On a également mis en avant des preuves à peu près de même ordre en ce qui concerne le foie et, dans ce dernier cas, je crois que ces preuves sont plus importantes que celles qui concernent les reins; je vais d'ailleurs avoir l'occasion d'y revenir dans un moment. Dans tous les cas, lorsqu'il s'agit d'affections rénales ou hépatiques nettement confirmées, ainsi que je vous l'ai dit, M. Brouardel a posé comme règle, au point de vue médico-légal et en vue des accidents qui peuvent se* produire, de ne pratiquer l'anesthésie qu'après s'être consulté avec un ou plusieurs confrères et avoir discuté les chances que peut présenter le malade d'offrir ou de ne pas offrir d'accidents. C'est là une question de circonstances pour lesquelles il est impossible de tracer des règles générales. Cela est d'autant plus important, qu'il y a un point qu'il ne faut pas perdre de vue, c'est celui qui concerne la susceptibilité variable de chaque individu. Et, en effet, celte susceptibilité est variable, non seulement avec chaque sujet, mais encore avec l'état momentané de l'individu. On a vu, par exemple, parmi les faits de syncopes mortelles ayant succédé à l'anesthésie chloroformique, ces accidents se produire chez des individus sur lesquels une fois, plusieurs même, on avait eu l'occasion de pratiquer l'anesthésie chloroformique sans qu'il y eût seulement la moindre alerte, puis un jour, subitement et sans cause apparente, — évidemment les conditions du sujet étaient alors changées, — l'anesthésie a été accompagnée d'une syncope mortelle.
Il faut donc bien se persuader de ce fait que lorsqu'on pratique une anesthésie, quel que soit le soin avec lequel on opère et en raison de circonstances qu'on ne peut prévoir, il y a toujours à compter avec des accidents qui peuvent être graves, parfois même mortels.