CHLOROFORME ET FOYERS EN IGNITION
il est tout naturel de voir se produire un encombrement de l'organisme par les matériaux de déchet qui, en outre de leur aclion toxique directe sur les éléments cellulaires, influencent cet organisme au point qu'il arrive à constituer un terrain de moindre résistance pour l'évolution d'une maladie quelconque.
Je crois avoir suffisamment prouvé par ces quelques considérations le fait sur lequel j'appelais tout à l'heure votre attention, à savoir, que la pratique seule de l'anesthésie met l'organisme dans un état de moindre résistance qui va venir s'ajouter au choc opératoire toujours inévitable, et qu'elle constitue, à elle seule, une grande opération.
Un mot, pour terminer, sur les inconvénients de l'emploi du chloroforme dans une pièce où il y a une lumière artificielle, si cette lumière est produite par un corps en combustion, c'est-à-dire si elle est produite par du gaz, du pétrole, une lampe, une bougie, etc. Ainsi que je crois vous l'avoir déjà signalé, il se forme, dans ces conditions, de l'oxychlorure de carbone, substance éminemment dangereuse. Les vapeurs du chloroforme ne brûlent pas à l'air; leur diffusion dans l'air ne forme pas un mélange détonant; elles ne sont donc pas dangereuses à ce point de vue et ne peuvent causer ni un incendie, ni une explosion; mais, par suite de leur mise en présence d'un foyer en ignition, les vapeurs de chloroforme donnent naissance à de l'oxychlorure de carbone que nous verrons être une des substances les plus toxiques parmi les produits de décomposition du chloroforme. Cette présence de l'oxychlorure de carbone se manifeste par l'apparition de quintes de toux, de céphalalgies et d'étourdissements, de nausées, qui non seulement peuvent affecter l'opéré, mais même l'opérateur et les aides : ce sont môme, assez fréquemment, l'opérateur et les aides qui montrent les premiers indices de la gêne causée par la présence de cet oxychlorure de carbone. Chez les opérés, c'est bien plus grave, parce que la présence de l'oxychlorure de carbone respiré depuis un certain temps déjà par le sujet anesthésié, sans que rien ait révélé jusque-là son action nocive, s'annonce par des symptômes brusques d'asphyxie et que, fréquemment, il en résulte une syncope, cette syncopé toujours imminente, comme vous le savez, pendant l'anesthésie chloroformique et pour la détermination de laquelle l'action violemment irritante de l'acide chtoroxycarbonique joue seulement le rôle de cause occasionnelle; ou bien, s'il