‹ Leçons de pharmacodynamie et de matière médicale (volume 2)Chapitre 169 sur 406 · ETHER ET CHLOROFORME · texte numérisé non relu

ETHER ET CHLOROFORME

sèment les conclusions auxquelles nous sommes arrivés précédemment.

Tout d'abord, les expérimentateurs trouvèrent qu'il était indispensable d'essayer l'action des substances anesthésiques qu'on devait comparer sur des animaux dont la solidarité des appareils respiratoire et cardiaque fût moins intime que chez l'homme. En effet, chez l'homme ou chez les animaux à sang chaud, le grand écueil de ces expériences est la solidarité étroite entre l'appareil respiratoire et l'appareil cardiaque qui fait que, fort peu de temps, deux minutes au plus tard après que la syncope respiratoire s'est produite, la syncope cardiaque se produit à son tour, si l'on ne prend pas le plus rapidement possible toutes les précautions pour remédier au premier accident. Ce fut la grenouille que la commission anglaise choisit pour réaliser ses expériences.

Nous allons reproduire devant vous ces expériences fort intéressantes. Lorsqu'on anesthésie deux grenouilles, l'une par les vapeurs de chloroforme, l'autre par les vapeurs d'éther, en les plaçant, comme nous le faisons, sous une cloche renfermant un morceau de coton hydrophile imbibé, dans l'une des cloches de chloroforme, dans l'autre d'éther, l'aneslhésie ne tarde pas à se produire. Lorsque l'animal est arrivé à un état de résolution musculaire et d'insensibilité complètes, si l'on met alors le cœur à nu, en laissant l'animal un moment à l'air libre en dehors de la cloche et qu'on le replace ensuite sous la cloche, on constate un fait qui est au désavantage du chloroforme : le cœur de la grenouille replacée sous la cloche où se trouve le chloroforme ne tarde pas à s'arrêter, il bat de plus en plus faiblement et finit par suspendre tout à fait ses contractions au bout d'un temps assez court; au contraire, le cœur de la grenouille placée sous la cloche qui renferme l'éther continue à battre pendant un temps considérable, pendant une heure au moins, sans que l'animal soit soustrait à l'influence des vapeurs d'éther.

Les membres de la commission répétèrent cette expérience sur des lapins et sur des chiens : ils pratiquèrent l'anesthésie en faisant la trachéotomie et en effectuant la respiration artificielle au moyen d'une pompe aspirante et foulante à l'aide de laquelle, par un mécanisme qu'il est facile de se représenter, on pouvait injecter, en même temps que l'air servant à la respiration, les vapeurs des substances anesthésiques qu'il s'agissait d'étudier. L'anesthésie ayant été ainsi

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