‹ Leçons de pharmacodynamie et de matière médicale (volume 2)Chapitre 170 sur 406 · AUTRES ANESTHÉSIQUES · texte numérisé non relu

AUTRES ANESTHÉSIQUES

déterminée, le thorax était incisé, les côtes sectionnées, le cœur mis à nu, et Ton pouvait observer Faction exercée par les différentes substances anesthésiantes. Avec le chloroforme, on nota un affaiblissement progressif des contractions cardiaques, une distension très notable du ventricule droit et Tarrêt avec flaccidité, au moins chez les lapins, des cavités droites. Avec Téther, au contraire, Tanes- Ihésie ayant même persisté pendant plus d*une heure, il ne se produisit pas de modifîcations sensibles dans les contractions cardiaques.

Comme conclusion, il en découlait que, tandis que le chloroforme se montrait toxique pour le cœur, Téther était à peu près inoffensif; mais Téther présentait sur le chloroforme ce désavantage que Tanesthésie s'obtenait au bout d'un temps notablement plus long : dans la moyenne des expériences de la Commission Anglaise, il fallut de quinze à vingt minutes avec Téther pour obtenir Tanesthésie chez les animaux, tandis qu'avec le chloroforme, l'anesthésie était obtenue dans un espace de trois à cinq minutes.

Essais d'autres substances anesthésiques. — Ces expériences préliminaires une fois établies, la commission rechercha en opérant, soit sur des grenouilles, soit sur des chiens, soit sur des lapins, s'il n'existait pas d'autres subistances anesthésiques qu'on pût substituer àl'éther ou au chloroforme.

Benzine. — La première des substances que la commission essaya fut la benzine. L'anesthésie déterminée par cette substance se montra aussi lente à survenir que celle déterminée par l'éther; mais, de plus, cette aneslhésie fut accompagnée d'agitation et d'affaiblissement des contractions cardiaques, moins intenses cependant que celles qu'on peut observer sous l'influence du chloroforme.

Acétone. Pyrrol. — L'acétone et le pyrrol se montrèrent, parmi toutes les substances essayées, celles qui réalisèrent l'action minima au point de vue do l'anesthésie. De plus, avec le pyrrol, on observa du trismus et des convulsions. Aucune d^ ces substances ne pouvait donc être proposable pour remplacer le chloroforme ou l'éther.

Bichlorure de méthylène. — Le bichlorure de méthylène se montra comme une substance faiblement anesthésique, mais cependant moins active sur le cœur et sur la respiration que ne l'était le chloroforme. Nous verrons, plus tard, que cette assertion est tout à fait erronée et que ce produit est bien plus toxique que le chloroforme.

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Amylène. — L*amylène fut absolument sans effet.

Chlorure de butyle. — Le chlorure de butyle normal anéantit rapidement les mouvements respiratoires et cardiaques, avant même que Tanesthésie soit profonde. Il y a là un fait d'autant plus intéressant, que, dans un moment, je vais avoir à vous parler d'un isomère de ce chlorure de butyle, le chlorure d'isobutyle, qui réaliserait, si Ton n'avait pas le chloroforme ou l'éther, un anesthésique presque aussi parfait. Lorsque je vous dirai quelques mots de la chimie du chloroforme et des réactions qu'il . faut exécuter pour reconnaître sa pureté, j'appellerai votre attention sur ce que peut avoir d'intéressant le fait de l'isomérie, et l'application que ce fait d'isomérie peut recevoir. Actuellement, je me borne à vous le signaler.

Bichlorure d'éthylène. — Lç bichlorure d'éthylène se montre capable d'amener l'anesthésie, mais au prix de convulsions durant jusqu'à la mort.

Chlorure de méthyle. — Le chlorure de méthyle se montre comme une substance très faiblement anesthésique; nous aurons à nous en occuper bientôt comme substance analgésique, et nous verrons que c'est un des meilleurs analgésiques locaux que l'on puisse employer.

Chlorure d'éthyle. — Le chlorure d'éthyle, qu'on espérait devoir produire facilement l'anesthésie, en raison de son point d'ébuUition fort peu élevé (le chlorure d'éthyle bout, en effet, à une température de H**), et il aurait été alors un anesthésique parfait, le chlorure d'éthyle détermine une anesthésie rapide, mais elle est accompagnée de convulsions et d'arrêt de la respiration. C'est, par conséquent, un produit à rejeter.

Nitrite d'éthyle. — Le nitrite d'éthyle détermine, dès le début de son administration, de l'excitation et des convulsions précoces rapidement suivies d'arrêt respiratoire.

Chlorure d'isobutyle. — Il en fut autrement du chlorure d'isobutyle, cet isomère du chlorure de butyle dont je vous parlais tout à l'heure. Sous son influence, l'anesthésie se montra aussi rapide qu'avec le chloroforme et presque aussi inoffensive qu'avec l'éther : pas de modification des mouvements du cœur mis à nu chez les grenouilles; pas de troubles respiratoires chez les lapins et chez les chiens.

CHLORURE D'ÉTHYLIDÈNE 237

Chlorare d'éthylidène. -r- Enfin, le chlorure d'élhylidène, un isomère de l'un des corps dont je vous ai parlé tout à Theure, du bichlorure d'élhylène, donna à peu près les mômes résultats que le chlorure d'isobutyle, c'est-à-dire qu'il se révéla comme un excellent anesthésique.

Il semblait donc, comme conclusion des travaux de cette commission, que la substitution du chlorure d'éthylidène ou du chlorure d'isobulyle au chloroforme ou à Télher fût possible. Eh bien, en poussant plus loin les recherches, on s'aperçut bien vite que les avantages que ces substances pouvaient présenter d'un côté étaient, d'un autre côté, compensés par des inconvénients. C'est ainsi qu après ces premières expériences sur les animaux, la commission réalisa des expériencss sur l'homme. On essaya le chlorure d'éthylidène, on essaya le chlorure d'isobutyle, et on ne retint que le chlorure d'éthylidène.

Les observations faites furent les suivantes : la dose de chlorure d'éthylidène nécessaire pour amener l'aneslhésie est plus forte que celle du chloroforme, mais l'anesthésie est obtenue plus rapidement. On observa sous son influence des nausées et des vomissements, indépendamment de la dose employée et de la durée de Temploi, mais ces accidents sont beaucoup moins intenses et durables que ceux déterminés par le chloroforme. Les rapports du pouls et de la respiration furent troublés, beaucoup moins, il est vrai, qu'avec le chloroforme, mais plus cependant, dans la majorité des cas, qu'avec l'éther. Enfin, on observa une tendance du pouls au ralentissement et au dicrotisme beaucoup moins accentuée qu'avec le chloroforme.

La tension artérielle, étudiée au moyen de tracés pris chez les animaux, fut trouvée abaissée d'une façon remarquable, mais d'une manière plus lente et plus régulière qu'avec le chloroforme. On ne remarqua pas, par exemple, de ces à-coups comme ceux que montrent tous les tracés de pression artérielle enregistrée pendant l'anesthésie chloroformique, de ces dépressions soudaines et inattendues, indices de syncope imminente; enfin, on n'observa pas d'arrêt complet du cœur ou de la respiration chez les mammifères.

En étudiant la circulation pulmonaire chez les grenouilles, à l'aide d'un appareil très ingénieux imaginé par les membres de la commission, on vit [cette circulation ralentie, puis arrêtée successi-

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