‹ Leçons de pharmacodynamie et de matière médicale (volume 2)Chapitre 171 sur 406 · COMPARAISONS · texte numérisé non relu

COMPARAISONS

vemenl, d'abord dans les capillaires puis dans les artérioles, enfin dans les gros vaisseaux. Le temps nécessaire pour déterminer Fanesthésie varia également : le temps le plus court fut observé sous l'influence du chloroforme, les animaux mettant, par exemple, 75 secondes à être anesthésiés complètement avec le chloroforme, tandis qu'il fallait 180 secondes avec le chlorure d'éthylidène, 270 secondes avec l'éther. La quantité d'anesthésique employée fui : 50 pour le chloroforme, 250 pour le chlorure d'éthylidène et 500 pour l'éther. La quantité d'air nécessaire pour ramener la vie après l'apparition des premières menaces de syncope, après le premier arrêt respiratoire, fut respectivement, de 720 centimètres cubes pour le chloroforme, 240 centimètres cubes pour le chlorure d'éthylidène et 180 centimètres cubes pour l'éther. Enfin, les chocs du cœur, après l'arrêt de la circulation pulmonaire, étaient tombés à 4 pour le chloroforme, à 7 pour le chlorure d'éthylidène et à 6 1/2 pour l'éther.

En résumé, avec le chloroforme, on observait surtout un ralentissement des mouvements du cœur, qui se montrait même avec l'emploi de la respiration artificielle ; on observait également des contractions auriculaires alors que les contractions ventriculaires ne se produisaient pas. Il y a là un fait intéressant à rapprocher de celui qui a déjà été signalé par Vulpian au sujet de l'action exercée par le chloroforme sur les animaux préalablement traités par le curare; on voit alors le chloroforme se révéler comme un véritable poison du cœur et donner, au point de vue de l'expérimentation physiologique chez ces animaux préalablement curarisés, des résultats absolument identiques à ceux qu'on peut obtenir avec la digitale, l'extrait d'inée, l'upas antiar, qui ne produisent plus que très difficilement, quelquefois môme plus du tout, l'arrêt du cœur chez les animaux curarisés soumis à la respiration artificielle.

La résistance éprouvée par le courant sanguin dans les vaisseaux de l'appareil respiratoire prend une part efficace à l'arrêt du cœur; car, si les modifications de l'action du cœur sont en grande partie responsables des changements survenus dans la circulation et le tissu des poumons, le ralentissement de la circulation pulmonaire et la diminution du calibre des artérioles et des capillaires des poumons correspondent exactement à l'affaiblissement de l'impulsion cardiaque; et, à leur tour, ces modifications de la circulation pulmo-

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