‹ Leçons de pharmacodynamie et de matière médicale (volume 2)Chapitre 173 sur 406 · ADMINISTRATION INTERMITTENTE · texte numérisé non relu

ADMINISTRATION INTERMITTENTE

forme. Il y a, en effet, un certain nombre de cas dans lesquels les accidents résultant de Tanesthésie sont beaucoup moins à redouter avec Téther qu'avec le chloroforme.

Discussioiv A L*ACADÉiUE DE MÉDECLiiE. — Pour jeter uu dernier coup d'œil d'ensemble sur Tanesthésie chloroformique, je crois ne pouvoir mieux faire que de résumer, aussi brièvement que possible, la grande discussion qui eut lieu en 1882 à l'Académie de médecine. En effet, par le nombre des orateurs qui prirent part à cette discussion, par leur valeur scientifique, par l'importance des opinions qui ont été exposées, celte discussion est bien faite pour représenter, môme encore actuellement, le tableau exact des dangers de l'anesthésie par le chloroforme.

Cette discussion eut pour origine une communication de Regnauld JE relativement à la difficulté que présentait l'emploi des procédés chi-

S miques pour reconnaître la pureté du chloroforme : je reviendrai sur

^ ce sujet prochainement, je n'y insiste donc pas aujourd'hui.

5 ? A la suite de cette communication, Gosselin chercha à déter-

^ I >. miner exactement quelles étaient les conditions dans lesquelles ^ ^ g devait se pratiquer l'anesthésie chloroformique pour donner le 5 -^ maximum de tranquillité et de sécurité au chirurgien et à l'opéré. l X Pour lui, ce qu'il fallait incriminer, ce n'était pas tant les impuretés

o du chloroforme, car il ne niait pas leur importance, que la manière

8 de se servir du chloroforme; et il donna à cet égard sa pratique per-

8 - sonnelle, qui consistait dans le manuel opératoire suivant, qualifié

par lui d'administration intermittente : il employait une quantité d'environ 2 grammes de chloroforme, qu'il versait sur la compresse; il faisait faire au malade six inspirations de cet air chloroformé; il retirait la compresse, et faisait exécuter sept inhalations d'air pur; puis, il reprenait en faisant faire sept inspirations d'air chloroformé, deux inhalations d'air pur, huit inspirations d'air chloroformé, etc. De telle sorte qu'après environ 120 à 130 inspirations, chiffre qu'il avait reconnu comme moyennement suffisant pour obtenir l'anesthésie, l'individu soumis à l'action du chloroforme avait fait 90 à 100 inhalations d'air chargé de chloroforme et environ 20 à 30 inhalations d'air pur. Il insistait beaucoup sur l'importance, considérable à son avis, de l'inhalation de la petite quantité d'air pur qu'il intercalait parmi les inhalations de chloroforme. Il reprit, pour ainsi dire, l'opinion qui avait été émise avant lui par Sédillot, prétendant qu'on

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