CAUSES ACCIDENTELLES
le fait de chirurgiens, tant français qu'étrangers, qui avaient eu leur premier accident lorsqu'ils en étaient à 12 ou 15 000 anesthésies. Il rappelait également ces faits si remarquables de mort déterminée, avant même que Tanesthésie fût obtenue, sous Tinfluence de la syncope émotive; il citait, par exemple, le fait de Dussault qui, traçant simplement avec le doigt, sur la poitrine d'un homme qu'il allait opérer, pour indiquer la ligne où il voulait pratiquer une incision, détermina, par le fait d'une syncope réflexe, la mort de l'individu; il citait encore le cas d'un chirurgien de Bordeaux qui fit semblant de verser du chloroforme sur un mouchoir et passa ce mouchoir sur la figure d'un malade, ce qui détermina une syncope suivie de mort; or, on avait versé trois gouttes d'eau sur la compresse et non pas trois gouttes de chloroforme.
Je vous ai cité des effets analogues observés chez des individus qui ont la peur du chloroforme, qui sont sous une impression morale pénible, ou dans un état de faiblesse considérable, ou qui ont de Fadipose cardiaque. De même pour les cas de mort par asphyxie déterminée par l'obstruction des voies respiratoires au moyen de matières alimentaires rejetées par vomissement, ou par des pièces de prothèse, telles que dentiers, etc. D'après lui, les alcooliques seuls fournissaient 20 p. 100 des morts. Le Fort faisait remarquer que la mort déterminée dans ces circonstances ne devait pas être mise au passif du chloroforme, que c'étaient des cas tout à fait exceptionnels, en dehors de ceux qui peuvent être relevés à la charge du chloroforme.
D'ailleurs, il faisait remarquer que, dans les cas de mort déterminée expérimentalement, ou bien dans les cas de suicide, car on a vu des gens se suicider à l'aide du chloroforme, les lésions qui suivaient la mort révélaient de l'asphyxie. Or ce n'est pas là le mécanisme de la mort chez les anesthésies; nous savons que ce mécanisme n'est guère que d'ordre réflexe, c'est une syncope cardiaque déterminée par choc traumatique, mais ce n'est pas de l'asphyxie; l'asphyxie peut venir ultérieurement s'ajouter à ces phénomènes. La syncope cardiaque par choc traumatique est encore capable de se produire même chez un individu en état d'anesthésie ; le souvenir, en effet, est plus ou moins éteint, mais l'organisme est encore capable de sentir. Si la syncope survient chez un individu susceptible de ressentir les effets de la stimulation, elle ne sera pas mortelle, et on