IMMINENCE DES RÉFLEXES D'ARRÊT
Je VOUS ai cité Texpérience qu'il avait donnée pour preuve à cet égard, cette expérience relative à Téleclrisation du bout central du pneumo-gastrique : vous savez que, chez les animaux, la respiration s'arrête, dans ces conditions, pour reprendre spontanément au bout d'un certain temps. Il montra, par un très grand nombre d'expériences, que si l'animal est soumis au préalable à l'action du chloroforme, la faradisation du bout central du pneumo-gastrique arrête la respiration, mais la reprise spontanée des mouvements respiratoires est devenue impossible. Il rappela également que, de ces expériences, il résultait encore que les centres respiratoire et cardiaque ne sont pas dans l'état normal chez l'individu placé sous l'influence de l'anesthésie. Le bulbe rachidien, les ganglions cardiaques qui sont atteints dès le début de l'anesthésie, achèvent de se paralyser peu à peu par l'afflux de la substance anesthésique et la continuité de l'influence toxique. Il montra que ces accidents se présentent chez les animaux comme chez l'homme, de préférence sur certains animaux plus nerveux, à système nerveux plus sensitif, plus développé que les autres, chez le chien de chasse par exemple, chez les jeunes animaux ou chez les femelles.
Enfln, en ce qui regarde les accidents pouvant survenir au cours de l'opération, il rappela qu'à la période où l'anesthésie est absolument confirmée, c'est-à-dire à la période d'anesthésie complète, alors que le pouls est ralenti, la respiration diminuée et régulière, la résolution musculaire complète, la pupille contractée, le réflexe palpébral disparu, à ce moment même, tout réflexe n'est pas absolument aboli; et la preuve c'est que l'individu respire, donc le bulbe a conservé encore à ce moment un certain pouvoir réflexe : la conductibilité centripète de la moelle n'est pas abolie; et si alors une circonstance fortuite, même dans cette période d'anesthésie parfaite, vient d'une façon quelconque mettre en jeu l'excitabilité sensitive, il peut en résulter une syncope réflexe qui, si elle se produit à un moment très avancé de l'anesthésie, est presque irrémédiablement mortelle. C'est ce que prouve l'arrêt de la respiration, à la suite de la faradisation du bout central du sciatique, chez les animaux profondément anesthésiés. Donc les syncopes respiratoire et cardiaque sont toujours possibles, quel que soit le moment de l'anesthésie que l'on envisage; elles ne sont en somme autre chose que la t conséquence de l'épuisement nerveux, déterminé par une excitation accessoire.