RÈGLES A OBSERVER
achevant la paralysie du bulbe commencée déjà par le chloroforme. La syncope cardiaque est la plus grave, en raison de l'impuissance de nos moyens pour lutler contre elle.
M. Panas résuma la discussion et établit, en définitive, les règles à observer dans l'administration du chloroforme. Il se demanda d'abord si le chloroforme est un poison. Si c'est un poison, étant donnée la compréhension vulgaire de ce terme, il doit exercer une action délétère en rapport avec la dose et en raison inverse de la masse du sujet. Or, vous savez que c'est précisément le contraire qui s'observe le plus souvent. Son innocuité chez les enfants est en contradiction absolue avec cette interprétation. Il est vrai que nous connaissons des exemples de substances toxiques relativement moins actives chez l'enfant que chez l'adulte. Agit-il comme une substance asphyxiante? Non, évidemment; nous le savons pertinemment par un grand nombre d'expériences dont je vous ai parlé : l'asphyxie peut venir se surajouter à Tanesthésie, mais elle en est absolument distincte.
Il faut donc admettre que, dans la mort par le chloroforme, les accidents se produisent par suite de réflexes dont la conséquence est l'arrêt du cœur ou de la respiration. En elTet, dès les premières inspirations des individus soumis à l'influence du chloroforme, on voit survenir de la toux, un resserrement plus ou moins pénible de la glotte, démontrant une action évidemment irritante de la substance sur les muqueuses des premières voies. Si, à ce moment-là, on excite les nerfs sensitifs, l'individu n'étant pas encore anesthésié, cette excitation, si faible qu'elle soit, se traduira par des phénomènes plus accentués que ceux dont je viens de vous parler, par la constriction de la glotte, par l'arrêt des muscles inspirateurs, surtout des muscles intercostaux, le diaphragme faisant encore des elTorts infructueux par suite du spasme de la glotte; pendant ce temps, le pouls bat régulièrement : la syncope respiratoire est produite, et la syncope cardiaque est imminente. De même pour toutes les autres périodes de la narcose chloroformique ; une excitation, si faible qu'elle soit, peut déterminer l'explosion de la syncope.
Donc, en définitive, dit M. Panas, on n'a de sécurité absolue ni par tel ou tel appareil réglant la proportion d'air et de chloroforme inhalés, ni par tel ou tel rythme respiratoire; mais, en réalité, par l'emploi modulé de l'agent anesthésique s'appliquant à chaque cas