‹ Leçons de pharmacodynamie et de matière médicale (volume 2)Chapitre 20 sur 406 · OBJET ET BUT DE LA PHARMACOLOGIE · texte numérisé non relu

OBJET ET BUT DE LA PHARMACOLOGIE

autre chose que la mise en œuvre des conaaissances acquises au moyen de ces trois branches de science.

Si Ton voulait déflnir en quelques mots la matière médicale, on pourrait dire qu'elle n'est que l'exposé des moyens employés pour guérir la maladie. Ces moyens, que ce soient des médicaments ou des procédés thérapeutiques, sont les productions de la nature ou de l'art; la chimie et la pharmacie les combinent, les préparent; la physiologie expérimentale et la clinique les administrent et notent leurs effets.

La matière médicale et la pharmacie puisent leurs moyens d'étude dans les sciences physiques et naturelles : la connaissance des substances animales, végétales ou minérales, des qualités extérieures qui servent à les classer, de la manière dont elles se forment, des pays qui les produisent, des changements que le temps leur fait subir, est une partie de l'histoire naturelle : les modifications que ces substances sont susceptibles d'éprouver, soit par suite de leur association, soit sous l'influence d'agents déterminés, soit môme dans leurs applications aux corps animés, sont du domaine de la physique et de la chimie. La manière dont elles impressionnent Toi^anisme sain ou malade est du ressort de la physiologie expérimentale et de la clinique; aussi la pharmacodynamie emprunte-t-elle leurs procédés à l'observation clinique et aux délicates méthodes de la physiologie.

La pharmacologie telle que je viens de la déflnir constitue donc une science à la fois théorique et expérimentale, ou, pour parler plus exactement, basée à la fois sur l'observation et l'expérimentation; c'est cette science qui doit servir de prélude à l'application, c'està-dire à la thérapeutique. Pour moi, il n'est pas de thérapeutique possible sans que la pharmacologie, telle que je viens de la définir, lui serve de préambule, d'introduction, d'étude préliminaire.

Dans l'étude de la partie thérapeutique des sciences médicales, c'est-à-dire dans celle que toutes les autres ont pour but définitif de perfectionner, les règles ne peuvent être développées qu'au lit du malade; leur application ne peut être bien saisie que dans une longue suite d'exemples rassemblant toutes les circonstances qui peuvent déterminer ou imposer l'emploi de tel ou tel médicament. Ce n'est d'ailleurs pas tant de nouveaux remèdes que nous avons besoin que d'une bonne méthode d'employer ceux que nous possédons.

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