NECESSITE DES CLASSIFICATIONS
En raison même de la façon dont elle s*est peu à peu constituée, la thérapeutique a mis en œuvre une quantité de matériaux les plus divers. Le désir d'écarter des impressions douloureuses ou simplement pénibles inspira à l'origine le plus grand nombre des essais; puis, de ces essais répétés, sortit sans doute un ensemble de prescriptions, de règles à observer, à l'usage des familles, des peuplades, des nations. Ces premières acquisitions furent rapidement augmentées de celles dues aux bienfaits du hasard, aux appétits des malades, à l'expérience des autres, voire même à l'observation des animaux. Alors, depuis ce moment, le nombre des expériences s'accroît rapidement, elles deviennent plus hardies, mieux raisonnées, plus immédiatement applicables à des besoins que les circonstances ramènent d'une façon plus fréquente. Mais en môme temps le nombre des sujets sur lesquels l'attention se trouve attirée dans ce but devient tel qu'il est indispensable de cataloguer d'abord, bientôt d'essayer de classer les moyens et les substances à l'aide desquels peuvent être réalisés ces phénomènes.
A mesure, en effet, que s'étend le champ des connaissances de l'homme et que son activité toujours inquiète lui ouvre des horizons nouveaux dans le domaine de la science, la nécessité de classer ces acquisitions est devenue plus impérieuse de jour en jour.
Les classifications sont absolument nécessaires, non seulement pour secourir la mémoire au milieu des découvertes qui s'accumulent avec les années et, par là, éviter la confusion et les sauver de l'oubli, mais encore pour mellre de l'ordre dans les opérations de l'esprit. Cette nécessité est à la fois un signe de la puissance et de l'infirmité de l'intelligence humaine : de puissance parce qu'elle permet de généraliser et d'embrasser d'un coup d'œil l'ensemble d'une subdivision des connaissances humaines; de faiblesse, parce qu'elle peut mener à la confusion et même à l'erreur en tombant dans les systèmes.
Pour établir une classification, il faut arriver à saisir les caractères de ressemblance existant entre une succession de faits ou d'idées, puis les hiérarchiser ensuite dans l'ordre que leur assigne leur importance.
Le système n'est qu'un vain arrangement laborieusement édifié, dans un ordre irréfléchi, souvent basé sur un petit nombre de caractères fortuits ou accessoires, uniquement établi parfois sur des spé-