BASES D'UNE CLASSIFICATION
culations théoriques; il flnit par conduire presque fatalement à Terreur.
La classifîcation, au contraire, constitue un arrangement méthodique, basé sur des caractères principaux, invariables, mettant en relief les rapports ou les contrastes; c*est un arrangement naturel découvert par Tesprit grâce à d'incessants efforts.
Maintenue dans ces bornes, la classification ne présente que des avantages; mais si l'esprit est obligé de se plier à cette exigence pour pouvoir dresser un tableau de ses acquisitions, et plus tard pour conclure, sa tendance à vouloir sans cesse asservir la nature à Tordre imaginé par lui et à prétendre tirer de faits coordonnés par la seule imagination des conséquences en apparence logiques, est Técueil sur lequel il lui est bien difficile de ne pas venir se perdre. Ainsi viciées dès leur origine par cette illusion qui fait que Tesprit, laissant de <5ôté Tétude rigoureuse de la nature, met des fictions à la place de choses réelles, les méthodes ne sont plus alors qu'une nouvelle source de confusions et d'erreurs, si l'observation et l'expérience ne viennent en rectifier les déductions prématurées.
n est facile de trouver, dans l'histoire même des sciences médicales, la preuve de l'exactitude des considérations que je viens de développer. A côté des avantages indiscutables que la médecine a retirés de l'application des sciences exactes, on pourrait rappeler le tort considérable qui est résulté pour elle des applications fausses ou exagérées de ces mêmes sciences. Les excès du mécanicisme, du chimisme, du physiologisme, n'étaient certes point de nature à faire progresser l'art médical.
Ici encore, l'esprit humain manifeste son penchant presque inévitable à vouloir tout expliquer par une science à laquelle des circonstances particulières ont donné une vogue momentanée, on pourrait aller jusqu'à dire une science à la mode. Cela est surtout vrai en ce qui regarde les agents médicamenteux dont la nature, la forme, se sont toujours ressenties des explications ou des théories en honneur au moment de leur mise au jour.
La découverte de la vérité est une affaire de temps, de persévérance et de travail constant. Cabanis, qui, dans son Histoire de la Médecine, a émis des idées si justes et si profondes, s'inspirait de cette pensée lorsqu'il écrivait : « La véritable philosophie de la science doit bannir l'inquiétude de la nouveauté, ce besoin d'anéantir