DIFFÉRENCES ENTRE L'ÉTHER ET LE CHLOROFORME
rayonnement cutané et du rayonnement pulmonaire, causées précisément par cette vaso-dilatation dont je viens de vous parler.
Enfin, un dernier point par lequel Téther diffère encore du chloroforme est celui-ci : Téther n'accroît pas les pertes d'azote, comme nous avons vu que le faisait le chloroforme, comme le font encore le chloral ou d'autres susbstances narcotiques telles que la paraldéhyde.
Quant à l'élimination, elle se fait surtout par la voie bronchopulmonaire. Elle est en général rapide; elle est cependant quelquefois durable; on a même signalé des circonstances dans lesquelles de Téther inhalé pour obtenir une hypno-anesthésie avait mis plusieurs jours à s'éliminer complètement par la voie respiratoire. De plus, et sur ce point l'éther diffère encore du chloroforme, on a constaté la présence de l'éther dans certaines sécrétions, dans l'urine et dans le lait, par exemple.
En raison, précisément, de sa lenteur d'action, sur laquelle j'insistais précédemment, l'éther est plus propre que le chloroforme à réaliser certaines expériences de physiologie générale dans lesquelles il est nécessaire de voir s'établir graduellement l'action hypno-anesthésique exercée par une substance médicamenteuse : c'est ainsi, par exemple, que l'arrêt du mouvement des cils vibratiles ou l'arrêt des contractions cardiaques (car, sous l'influence d'une éthérisalion à outrance, l'arrêt du cœur finit par se réaliser) se produisent plus lentement avec l'éther qu'avec le chloroforme. Il en est de môme pour l'anesthésie des plantes, ou pour la suspension des phénomènes de fermentation dont on peut mieux saisir les différentes phases, et les observer de cette façon beaucoup plus longtemps.
DifTérences qu'on peut observer entre let^ accidents dus à Téther et ceux dus au chloroforme. — Cette question présente, au point de vue de la pratique de l'anesthésie, le plus grand intérêt. Tout d'abord, et comme nous allons le voir dans un moment en faisant le parallèle entre le chloroforme et l'éther, la période des syncopes primitives est franchie avec une extrême rapidité avec l'éther; si l'on voulait même, je crois qu'on pourrait dire qu'elle n'existe pas. Quant à la période des syncopes secondaires, elle est beaucoup moins à craindre avec l'éther qu'avec le chloroforme, et la raison en est facile à saisir : avec le chloroforme, ainsi que j'y ai déjà insisté, il n'y a presque pas d'intervalle entre l'arrêt de la res-