‹ Leçons de pharmacodynamie et de matière médicale (volume 2)Chapitre 219 sur 406 · FRÉQUENCE DES SYNCOPES PRIMITIVES AVEC LE CHLOROFORME · texte numérisé non relu

FRÉQUENCE DES SYNCOPES PRIMITIVES AVEC LE CHLOROFORME

tante sur les noyaux bulbaires est successive et graduée; et il faudrait prolonger pendant plusieurs minutes, quatre à cinq, dit Julliard, rirruption exagérée d'élher pour arriver à produire, chez Thomme ou chez ranimai, une syncope mortelle.

Avec le chloroforme, Tarrèt du cœur est subit, foudroyant en ce qui concerne la syncope primitive ; et, en ce qui concerne la syncope secondaire, il est presque aussi subit; quelquefois même l'arrêt du cœur est antérieur à celui de la respiration ou le suit de tellement près que, comme je vous l'ai dit maintes fois, l'emploi du procédé de la respiration artificielle est absolument incapable de faire réapparaître les contractions cardiaques.

Avec l'élher, au contraire, c'est l'arrêt respiratoire qui est à considérer; et ici nous sommes à peu près, je crois même qu'on peut dire complètement, armés contre un arrêt syncopal du cœur, car la respiration artificielle peut facilement triompher de l'arrêt respiratoire et nous mettre ainsi à même de remédier à cette syncope cardiaque. Il faut cependant faire une exception en ce qui concerne les enfants, chez lesquels la syncope secondaire respiratoire est aussi grave, pour ne pas dire plus grave peut-être, que la syncope primitive chez l'adulte et chez lesquels l'arrêt du cœur se produit brusquement, sans signes prémonitoires.

Julliard ajoute que les effets mortels du chloroforme dépendent en partie de prédispositions individuelles qu'il est in^possible de prévoir ou de reconnaître à l'avance, ce qui est rigoureusement exact et laisse toujours place à l'imprévu dans toute opération d'anesthésie.

D'après Julliard, l'innocuité presque complète de l'éther résulte de trois ordres distincts de preuves : d'abord de l'opinion des vivisecteurs; ensuite des données fournies parles statistiques, et enfin des expériences de Paul Bert.

Pour ce qui regarde l'opinion des vivisecteurs, c'est surtout à Schiflf et à Vulpian que Julliard emprunte son argument. Schiff, en effet, l'un des premiers, avait attiré l'attention sur ce fait que, chez beaucoup d'animaux à système nerveux extrêmement impressionnable, l'emploi du chloroforme amenait presque toujours une syncope mortelle. Vulpian avait confirmé cette observation de Schiff; et, pour ma part, j'ai été bien des fois témoin, dans son laboratoire, de la mort subite d'animaux très impressionnables, de chiens de

Page 1