DISCUSSION A LA SOCIETE DE CHIRURGIE
un peu désagréable au premier abord, on lui applique sur la bouche et le nez l'appareil d'inhalation; et, si Ton veut augmenter la quantité de vapeur d'éther qui vient s'offrir à Tentrée de Tappareil respiratoire, il suffit d'agiter le sac contenant Téther liquide. Par suite de la vaporisation de Téther, dont les vapeurs denses chassent, au fur et à mesure de leur production, Tair contenu dans l'appareil, on voit que le patient respire des vapeurs de plus en plus riches en substance anesthésique ; et, à un moment même, des vapeurs d'élher presque pur. Aussi, convient-il, afin d'éviter l'asphyxie, de retirer de temps à autre l'embouchure du masque de Wanscher, pour permettre l'inhalation d'air pur.
Les désagréments de ce masque de Wanscher consistent dans ce fait que le caoutchouc est un peu soluble, en tout cas assez facilement attaquable par l'éther. De sorte qu'au bout de trois ou quatre opérations, d'abord le caoutchouc est en partie ramolli, puis il a contracté une odeur particulière, assez désagréable, qu'il communique aux vapeurs d'éther et qui n'est pas sans nuire quelquefois au succès de l'opération. Enfin, autre désagrément qui a bien son importance, cet appareil coûte relativement cher et fait un médiocre service, en raison précisément de ce fait que l'éther attaque le caoutchouc.
Dans tous les cas, l'anesthésie par l'éther peut s'obtenir facilement quand on a soin d'employer les précautions que je viens d'indiquer : elle s'établit très vite, en général au bout de 4 ou 6 minutes.
La période d'anesthésie confirmée se produit ainsi plus rapidement avec l'éther qu'avec le chloroforme.
Une discussion a été soulevée, en 1895, à la Société de chirurgie, relativement aux avantages que présentaient pour l'anesthésie l'éther et le chloroforme, et elle n'est pas encore close. Dans cette discussion, à laquelle ont pris part à peu près tous les chirurgiens qui exercent actuellement, notamment les Maîtres des hôpitaux de Paris, on a repris tous les arguments que je vous ai exposés, arguments mis en avant soit par Pétrequin, soit par Julliard, et on n'en a guère ajouté d'autres.
Cependant, quelque chose se dégage de celte discussion, qui, très probablement, sera reprise d'ici peu, car les opinions sont loin d'être fixées définitivement sur la valeur comparative de l'éther et du chloroforme. Mais, cette discussion a servi à ceci : elle a permis d'établir — je ne voudrais pas dire un terrain d'entente, l'expression serait