‹ Leçons de pharmacodynamie et de matière médicale (volume 2)Chapitre 229 sur 406 · MODIFICATIONS RESPIRATOIRES · texte numérisé non relu

MODIFICATIONS RESPIRATOIRES

exagérée, le terrain d'entente était établi depuis longtemps — mais elle a permis de reconnaître d'un avis unanime certaines conditions constituant, d'une part, des avantages bien certains de l'emploi de Télher sur le chloroforme; d'autre part, des inconvénients non moins certains de cet emploi.

Cette discussion s'est élevée à l'occasion d'un mémoire très intéressant présenté à la Société de chirui^ie par MM. Chaput, Angelesco et Lenoble. Il s'agissait d'une statistique, très intéressante celle-là, faite sur 135 cas et d'une façon minutieusement suivie; dans lesquels on avait relevé depuis le commencement jusqu'à la fin tous les incidents qui s'étaient produits à propos de l'aneslhésie pratiquée avec l'appareil de Wanscher. Il en ressort un certain nombre de faits que je vais résumer et qui vont terminer ce que j'avais à vous dire à propos de l'anesthésie par l'éther.

D'abord, Messieurs, un fait sur lequel j'ai déjà appelé votre attention, c'est que le phénomène de la dilatation pupillaire, que nous avons vu être si grave quand il se produit brusquement au milieu de l'anesthésie par le chloroforme, n'a pas la même valeur avec l'éther. Dans les 135 observations, si minutieusement analysées dans le mémoire que je viens de citer, on a vu en effet la dilatation de la pupille se produire d'une façon assez constante dans près de la moitié des cas. D'autre part, M. Lenoble a fait le sujet d'une communication spéciale à la Société de biologie de l'apparition du nystagmus qui, pour lui, est un phénomène très fréquent dans les hypno-anesthésies réalisées au moyen de l'éther, et qui est même un phénomène signalant le début de la résolution musculaire. Par conséquent vous le voyez, et on ne saurait trop insister sur ce point, il ne faut pas attacher, dans l'hypno-anesthésie par l'éther, soit à la dilatation pupillaire, soit au nystagmus, la même importance que dans l'hypnoanesthésie par le chloroforme.

La respiration est accélérée; dans la majorité des cas, presque toujours même, il n'est pas rare de voir le nombre des inspirations atteindre 30 et même 50, et cette respiration est bruyante, stertoreuse, avec ronchus trachéal. Les partisans quand môme de l'éther trouvent, dans le fait de cette respiration très bruyante, un signe qui les aide, qui permet, disent-ils, une surveillance assez efficace de l'individu endormi, surveillance qui fait que le chirurgien sait toujours à peu près le point où en est le malade; de sorte que, lorsqu'il entend

IVli INCIDENTS DE L'ÉTHÉRISATION

cette respiration bruyante s'affaiblir, son attention est attirée sur Tétat du patient; et que cette diminution du bruit respiratoire est un indice qu'il est nécessaire de faire respirer une certaine quantité d air pur afin de ranimer la respiration.

Le pouls est toujours fort, large, vibrant, très fréquent; et, dans leurs observations, les auteurs que je vous ai cités Font vu monter fréquemment à 120 et plus par minute.

Passons maintenant en revue un certain nombre d'incidents : ce serait trop de dire des accidents de Téthérisation, mais enfin ces incidents constituent tout au moins des causes de gêne, parfois même de tracas, dans Téthérisation, tout en ne méritant pas le nom d'accidents.

Je vous ai parlé à plusieurs reprises de l'agitation qu'on observe iiu début de 1 ethérisation. Sous l'influence de l'action, plus lente et }»luâ graduée que celle du chloroforme, exercée sur les centres nerveux par l'éther, action sur laquelle j'ai insisté en son temps, les phénomènes successifs qui peuvent se présenter pendant l'hypnoanesthésie ont tout le temps de se développer. De sorte que l'agitation qui, comme nous l'avons vu, ne manque presque jamais avec le chloroforme, est ici plus marquée; elle est même parfois si marquée qu'elle devient absolument irréductible, et que, chez certains individus, les nerveux, les alcooliques, par exemple, il se produit une agitation [elle, dès le début, dès les premières bouffées d'éther inspiré, qu'on est absolument obligé de renoncer à l'anesthésie par l'éther et qu'il faut recourir à une autre substance anesthésique : dans ce cas on clioisit de préférence le chloroforme.

Cette agitation du début est plus précoce que celle qui se produit avec le chloroforme et qui ne se montre, en général, qu'un peu avant la résolution musculaire. Elle est assez fréquente, puisqu'elle se montre dans un peu plus du dixième des cas; et elle se manifeste dès le début, surtout quand on fait usage, je ne veux pas dire de doses sidérantes, mais seulement de doses massives d'éther. Elle s'accompagne en même temps d'une congestion de la face, fort intense parfois, et qui peut aller jusqu'à la cyanose. D'après les observations de tous ceux qui ont employé l'éther, cette congestion de la face est sans danger tant que la respiration reste régulière.

Il en est de même de la toux, qui se montre assez souvent comme [diénomène du début de l'administration de l'éther, toux qui s'arrête

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