‹ Leçons de pharmacodynamie et de matière médicale (volume 2)Chapitre 234 sur 406 · CONSIDERATIONS PARTICULIERES · texte numérisé non relu

CONSIDERATIONS PARTICULIERES

tablement certains avantages. C*est, comme nous l'avons vu, un tonique du cœur; à la condition, bien entendu, que son action ne s'exerce pas d'une façon par trop prolongée sur les éléments anatomiques. Jamais, sous Tinfluence de Téther, on ne trouve le pouls ralenti et affaibli; au contraire, nous avons vu que l'action première de l'éther consiste dans le renforcement et la régularisation des contractions cardiaques. Enfin on ne voit pas avec l'éther ces shocks qu'on observe toujours, à un degré plus ou moins considérable, avec le chloroforme. Nous avons même vu tout à l'heure que, loin de rencontrer les effets déprimants du shock, on trouve au contraire de l'agitation. Il n'y aurait pas de nausées, ou peu de nausées, peu de malaise et de vornissements consécutifs; et enfin une action à peu près nulle sur le foie et les reins.

Mais, Messieurs, et c'est ce qui résulte de la discussion à la Société de chirurgie dont je parlais tout à l'heure, la vérité est que l'emploi de tel anesthésique est relatif à tel cas particulier. Si nous prenons, par exemple, l'anesthésie par l'éther, il vous est facile de voir, d'après ce que je viens de vous en dire, que, dans cette ânesthésie, l'asphyxie joue un certain rôle, parce qu'on ne peut attendre que le malade s'endorme doucement, tranquillement, régulièrement; cela aurait des inconvénients certains, entre autres celui d'obliger à administrer une beaucoup trop grande quantité d*éther; il faut provoquer en quelque sorte l'asphyxie comme début de l'hypno-anesihésie avec l'éther. Mais l'action exercée par cet anesthésique sur l'appareil respiratoire nous permet de prévoir, je dirai même plus, d'assurer, à priori, que les individus dont l'hématose se fait mal supporteront mal l'éther, d'autant plus mal que les doses employées seront plus considérables.

D'autre part on n'est pas à l'abri, comme je l'ai déjà indiqué, des syncopes réflexes primitives, d'origine périphérique, quand on n'attend pas un temps suffisant, c'est-à-dire quand on n'attend pas jusqu'à la disparition complète du pouvoir excito-réflexe de la moelle. Cette disparition est quelquefois assez longue et assez difficile à obtenir, «lie ne peut l'être qu'au prix de l'emploi d'une certaine quantité d'éther; et nous savons que l'emploi de ces grandes quantités d'éther rend subintrante la succession des phases.

Il en résulte que, pas plus avec l'éther qu'avec le chloroforme ou les autres anesthésiques, on n'est à l'abri de certains inconvénients.

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