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CLASSIFICATIONS ANCIENNES

une extrême confusion. La classification chimique, basée sur la composition et la fonction chimiques, arrive à constituer des groupes de matières grasses, de matières albuminoldes, de matières sucrées, d'acides, d'éthers, d'alcools, etc. ; il est inutile, je crois, d'insister ici et de faire remarquer qu'une pareille classification réunit dans un même groupe des substances aussi dissemblables que possible au point de vue de leur action médicamenteuse.

L'étude des rapports de la fonction chimique d'un corps avec son activité thérapeutique, étude que je crois d'ailleurs appelée au plus bel avenir, est encore à ses débuts; et les résultats actuellement acquis ne sauraient jusqu'ici être utilisés pour une classification.

La subordination phytozoologique est encore inférieure aux précédentes. En effet, dans les groupes de substances minérales, nous trouvons pêle-mêle : le chlore, l'iode, le soufre, l'oxygène, le phosphore, l'arsenic, l'antimoine, le fer, le carbone, etc., et si quelquesuns de ces éléments ont entre eux une parenté chimique évidente, leur action thérapeutique est fort dissemblable. Dans ce même ordre didées, la subdivision des chlorures, par exemple, renferme, à côté des chlorures alcalins, les chlorures de mercure et de fer.

Le groupement des substances végétales par rapport aux familles naturelles expose aux mêmes inconvénients : à côté des labiées et des crucifères, dont les individus paraissent doués de propriétés thérapeutiques très voisines, sinon même identiques, la famille des ombellifères comprend des plantes aromatiques et antispasmodiques, à côté de plantes violemment toxiques, comme les ciguës; de même, les solanées, les légumineuses, pour ne prendre que ces exemples, renferment, à côté de précieuses plantes alimentaires, d'énergiques poisons.

Les défauts évidents de ces classifications avaient déjà frappé d'éminents esprits et leur avaient inspiré l'idée de recourir à d'autres caractères. C'est ainsi que Geoffroy, en 1741, établit la distinction des médicaments d'après leur but thérapeutique, mais cependant il les groupa encore d'après leur origine. En 1749, Linné, dans son ouvrage Materia medica, distingue deux qualités aux substances médicamenteuses, la propriété (ms), et l'emploi {usus) : le fer par exemple est défini et classé en fonction de ces deux caractères :

Vis : ionica^ astringens, antacida.

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