‹ Leçons de pharmacodynamie et de matière médicale (volume 2)Chapitre 249 sur 406 · S8 ACTION VASO-DILATATRICE INTENSE · texte numérisé non relu

S8 ACTION VASO-DILATATRICE INTENSE

Dugau montrent que le nitrite d'amyle n*agit pas sur le système nerveux extrinsèque pour accélérer les contractions cardiaques; ea effet, si Ton pratique, comme Ta fait François-Franck, la section des filets sympathiques provenant des ganglions premier thoracique et cervical inférieur, ainsi que la section des deux pneumo-gastriques qui, vous le savez, renferment des fibres accélératrices pour le cœur, on peut voir qu'après cette opération la fréquence des contractions cardiaques peut être encore augmentée sous Tinfluence des inhalations de nitrite d'amyle. Cette accélération résulte donc nécessairement d'une action périphérique sur les appareils nerveux intra-cardiaques, puisqu'elle ne peut pas, dans ce cas, résulter d'une action centrale.

Lorsqu'on prolonge l'action du nitrite d'amyle en inhalations, on peut voir alors survenir des accidents qui sont dus, surtout, à l'état asphyxique que présente le sang par suite de la transformation d'une quantité notable de l'oxyhémoglobine en méthémoglobine. Ces accidents sont caractérisés par des troubles cardiaques qui peuvent, comme je vous le disais, se montrer un temps assez considérable après les inhalations du nitrite d'amyle : ces troubles cardiaques consistent surtout en palpitations, irrégularités, intermittences, et s'accompagnent de faiblesses, de vertiges, de pâleur, d'inappétence, tous phénomènes qui durent parfois un temps assez considérable après l'emploi du nitrite d'amyle en inhalations.

A^ction iraso-diiatmtrice. — Un point particulièrement intéressant et remarquable de l'action du nitrite d'amyle est l'action vaso-dilatatrice intense que cette substance exerce. C'est, en effet, de toutes les actions physiologiques, la plus évidente, celle qui saute aux yeux immédiatement. Cette action vaso-dilatatrice est surtout intense dans la face, le cou et les parties supérieures du tronc; elle se traduit par une rougeur intense du visage succédant aux premières inhalations de nitrite d'amyle, rougeur qui s'accompagne du gonflement des branches des artères temporales et souvent même de la dilatation des vaisseaux pupillaires. Si l'expérience est faite sur le lapin, par exemple, on peut voir cette action se traduire par une dilatation intense des vaisseaux de l'oreille; et si, comme l'a fait François- Franck, on pratique au trépan une fenêtre dans la paroi crânienne d'un lapin, on peut voir une injection considérable des vaisseaux de la pie-mère succéder aux premières inhalations de nitrite d'amyle.

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