EXCITATION DES VASO-DILATATEURS
U s^agit ici d*uDe action vaso-dilatatrice due à l*excitation des vaso-dilatateurs, c'est une dilatation vasculaire active.
Lauder-Brunton avait déjà fait autrefois une expérience qui permet d arriver à cette conclusion. Cette expérience consiste à pratiquer sur un animal la section de la moelle au-dessous de Tatlas et à montrer qu*aprës cette section les inhalations de nitrite d*amyle déterminent aussi bien qu'auparavant une action vaso-dilatatrice intense; il n'y avait donc pas lieu de faire intervenir ici l'action du principal centre vaso-moteur, qui est situé, comme vous le savez, dans le bulbe. Mais celte expérience n'était pas encore suffisamment probante parce que, comme l'ont montré les travaux de Vulpian et d'autres expérimentateurs, il y a un assez grand nombre d'autres centres vaso-moteurs que le centre bulbaire et qu'il faut môme tenir compte, comme centres vaso-moteurs, des ganglions qui se trouvent dans l'épaisseur de la tunique vasculaire.
D'ailleurs, la preuve de cette interprétation a été fournie par la méthode expérimentale. Vous savez que les travaux des physiologistes auxquels je faisais allusion tout à l'heure ont démontré qu'il y avait certains nerfs qui constituaient des voies actives de vaso-dilatation : Claude Bernard l'a démontré pour la corde du tympan; les recherches de Vulpian pour le glosso-pharyngien ; celles de Jolyet et Laffbnt, pour le maxillaire supérieur. Cette action s'exerce, par la voie des nerfs que je viens de citer, au moyen des actions périphériques qui retentissent sur les masses ganglionnaires situées dans l'épaisseur des parois vasculaires, actions provoquant, par leur intermédiaire, une vaso-dilatation active, sans qu'il y ait à faire intervenir la paralysie des vaso-constricteurs. Ce sont en quelque sorte des nerfs d'arrêt, comme l'avait dit Vulpian, à la manière des pneumogastriques sur le cœur et des splanchniques sur les intestins.
Et en effet, chez un animal soumis à l'influence du nitrite d'amyle, l'excitation du bout périphérique du sympathique, ou bien du bout central d'un nerf sensitif quelconque, détermine constamment la constriction qu'elle produit d'habitude sur les vaisseaux, ainsi que l'augmentation de tension du réseau périphérique. Par conséquent, il est évident qu'il n'y a pas à faire intervenir ici une action paralysante sur les vaso-constricteurs : il n'y a pas non plus la possibilité de faire intervenir, comme on l'avait voulu à un moment donné, une paralysie musculaire, parce que s'il y avait paralysie des muscles