G0 ORIGINE SURTOUT- PÉRIPHÉRIQUE
consUicleurs des artères, ces muscles ne pourraient plus ôbéSr à l'actinTi excitante»
L'ai' lion directe sur la paroi vasculàire a d'ailleurs été prouvée par une Iros^ jolie expérience de François-Franck et Dugau. Ils ont mis à nu li^s deux glandes sous-maxillaires chez un animal et ont pratiqué, d'un seul côté, la section de la corde du tympan : si le nitrite d'amyle agissait exclusivement sur les centres, son action vaso-dilatatrice ne pourrait se manifester que du côté où là section de la corde du tympan n'a pas été pratiquée; eh bien, si Ton fait inhaler du nitrite d'amyle à un animal placé dans ces conditions, on voit que la vasodilalîitîori se produit également des deux côtés et qu'il n'y a qu'un poinl par lequel cette expérience diffère de l'expérience classique de Claude Bernard, c'est la rutilance du sang. Cela est facilement explicable, parce que, sous l'influence de nitrite d'amyle, la colorar lion tin sang devient brune, presque noire; nous savons que cette eolor:ition est due à la transformation de l'oxyhémoglobine en moliieiiiuglobine, et on ne peut, par conséquent, observer la coloration rutilante du sang qu'on remarque d'une façon régulière dans Texpérioace classique de Claude Bernard.
D'autre part, la section du sympathique est, vous le savez, insuffisante puar énerver l'oreille du lapin au point de vue vaso-moteur; mais, si Ton joint à la section du sympathique celle du nerf auriculaire, ces deux sections réunies sont capables d'énerver complètement roreille du lapin au point de vue vaso-moteur. Si l'on pratique ces deux sot' lions d'un seul côté sur un lapin, on peut voir que, sous rinOuence du nitrite d'amyle, la vaso-dilatation ne se produit pas identi<[uoraent et avec la même intensité dans l'oreille énervée et dan H Tureille intacte; cette différence consiste surtout dans la quanlile ci le synchronisme de l'action vaso-dilatatrice.
Ce fait démontre que, s'il faut dire que l'action vaso-dilatatrice 'di'Mst' *'sl surtout d'origine périphérique, par le mécanisme que je viens i}i' vous indiquer, il y a lieu de faire une réserve en ce qui coni'iîrru^ l'action vaso-motrice d'origine centrale, comme le prouve veXW di'inière expérience. On est donc amené à conclure que cette ai'linrj \ aso-dilatatrice est active, d'origine surtout périphérique, c'està-dire s'exerçant plutôt sur les éléments vaso-moteurs propres des vaiïssi^aiix que sur les centres vaso-dilatateurs bulbo-méduUaires.
Celle action vaso-dilatatrice s'observe, comme je vous le disais
tout à riieure, avec une certaine intensité chez Thomme dès les premières inhalations, La rougeur s'étend d'abord sur la face, puis elle gagne ensuite le cou, la poitrine, et, en général, elle ne dépasse pas le tronc. D'ailleurs, on observe dans les cas où cette action vaso- .dilatatrice est poussée à son maximum, comme dans les accidents d'intoxication fortuite, par exemple, qu'elle atteint sa plus grande intensité dans la partie supérieure du corps et qu'elle diminue progressivement jusqu'à disparaître aux extrémités inférieures. Cette coloration est uniforme jusqu'à la ceinture, elle est marbrée sur l'abdomen; elle disparaît très rapidement et il lui succède bientôt une pâleur relative due précisément à une action vaso-constrictive, action de retour en quelque sorte par rapport à l'action vaso-dilatatrice du début.
Action sar la respiration. — La respiration, sous l'influence du nitrite d'amyle, est affectée également dans une mesure très appréciable; elle est accélérée et augmentée d'amplitude au début et sous l'influence de petites doses. Au contraire, sous l'influence de doses fortes, ou bien si Von continue (inhalation à faible dose y on voit bieintôt survenir de l'irrégularité des mouvements respiratoires; la respiration devient dyspnéique, ralentie, superficielle. Parfois même on observe de violents accès de toux dus à l'excitation de la muqueuse laryngée : cela s'observe principalement lorsqu'on fait inhaler des quantités un peu considérables de vapeurs de nitrite d'amyle; alors la substance agit surtout à titre de substance irritante.
La mort, lorsqu'elle se produit chez les animaux, est toujours due à un arrêt respiratoire ; et cet arrêt est dû à la paralysie des centres respiratoires, par suite de l'action exercée par le nitrite d'amyle sur le sang. Cette action sur le sang est, en efi*et, la plus importante, celle de laquelle dépendent en quelque sorte presque toutes les conséquences physiologiques.
A ce point de vue. Messieurs, je vous signalerai ce fait, sur lequel je crois déjà avoir appelé votre attention : on a recommandé, pour lutter contre les accidents du chloroforme, contre les syncopes secondaires notamment, l'emploi du nitrite d'amyle. A mon avis, c'est là une faute grave, en raison précisément de l'action intense exercée par ce nitrite d'amyle sur les centres respiratoires. On a voulu voir dans une expérience faite par un auteur anglais, Lehman- Lane, qui, l'un des premiers, s'était occupé de l'action physiologique
du nitrite d'amyle, la confirmation de son emploi pour lutter contre les accidents du chloroforme. En effet, dans son travail Lebman-Lane insiste bien sur ce fait que le nitrite d'amyle, absorbé en petite quantité par un animal soumis à l'influence bypno-anesthésique du chloroforme, dissipe Tanesthésie produite par ce chloroforme, et cela, d'abord en provoquant une distension des artérioles du cerveau, mais surtout en réveillant l'action du cœur. Seulement, une autre conclusion que les partisans de cet emploi ne citent pas, et qui vient immédiatement combattre la précédente, c'est celle dans laquelle il dit que le nitrite d'amyle, en grande quantité ou en quantité un peu TROP CONSIDÉRABLE, au Ueu de dissiper Vanesthèsie chloroformique, la prolonge et amè^ie la mort presque fatalement^ par suite d'une distension exagérée, d'une vaso-dilatation exagérée du système veineux. Cette vaso-dilatation du système veineux, il me semble qu'elle est tout à fait prête à se produire : le terrain est admirablement préparé, l'expérience est toute prête en quelque sorte pour que cette vaso-dilatation et cette action nocive du nitrite d'amyle se produisent lorsqu'on vient à en faire inhaler des quantités un peu trop considérables à un individu qui est déjà sous le coup d'une syncope chloroformique. Il ne faut pas oublier non plus, qu'à ce moment, l'amplitude des inhalations effectuées par le sujet est impossible à régler, ce qui vient encore ajouter au danger en permettant l'invasion, dans une inspij X ration profonde comme celles que font les individus sortant d'une
® syncope, d'un flot de vapeurs du nitrite d'amyle. C'est précisément
en raison de ce fait que j'ai tenu à attirer particulièrement votre attention sur ce très mauvais emploi, à mon avis, du nitrite d'amyle pour lutter contre les accidents d'hypno-anesthésie par le chloroforme.
Action sur le système nerveux. — Il me restera bien peu de chose à vous dire. Messieurs, de l'action du nitrite d'amyle sur le système nerveux. Cette action se déduit en quelque sorte des faits que nous venons de passer en revue; c'est une action essentiellement dépressive, et, à ce point de vue encore, Tintervention du nitrite d'amyle pour lutter contre les accidents du chloroforme n'est rien moins que justifiée.
Cette action dépressive se traduit par une diminution des mouvements volontaires et de l'activité réflexe. On observe, chez les animaux, que la sensibilité persiste, alors que les réflexes moteurs sont complètement abolis dans le tronc et dans les membres.
Chez l'homme, les accidents du côté du système nerveux se traduisent par des vertiges qui sont dus à des troubles de la circulation cérébrale, et ces vertiges peuvent même aller jusqu'à Tivresse; par de la céphalalgie persistante, de la paresse intellectuelle, phénomènes qui doivent être attribués aux altérations du sang dont je vous ai parlé. Enfin, on a signalé, dans certains cas d'intoxication par le nitrite d'amyle, des crampes et des secousses musculaires qui doivent être rapportées à Tasphyxie qui se produit dans ce cas et à Taccumulation de Tacide carbonique dans le sang.
Le muscle, d'ailleurs, lorsqu'on fait agir sur lui le nitrite d'amyle, se conduit d'une façon très différente suivant que l'action est exercée par contact direct ou par l'influence du sang chargé de nitrite d'amyle. Lorsqoe le muscle est mis en contact direct avec du nitrite d'amyle liquide, cette substance agit comme toute substance irritante et produit une irritation violente qui se traduit par du tétanos et une mort assez rapide. Si, au contraire, le muscle est soumis seulement à l'action des vapeurs du nitrite d'amyle, on voit sa propriété physiologique de conlraclibilité se trouver d'abord exallée, puis bientôt le muscle est complètement paralysé; mais il est capable de revenir à l'état normal et de recouvrer son excitabilité si le contact avec la vapeur de nitrite d'amyle n'a pas été trop longtemps prolongé.
Action sur la température. — Quelle est l'action du nitrite d'amyle sur la température? Elle est une conséquence logique de l'action que je viens de vous signaler sur le cœur, sur la circulation et la respiration : au début, sous l'influence de petites inhalations de nitrite d'amyle, la température s'élève à la périphérie, c'est-à-dire aux endroits où s'établit la vaso-dilatation, à la face, au cou et dans les parties supérieures du tronc : cela s'explique facilement par suite de l'afflux sanguin brusque. Cette élévation de température ne tarde pas à s'arrêter et à être remplacée par une diminution notable de la température centrale, diminution qui peut alteindre de 1 à 3 degrés. Cette diminution de température est une conséquence du refroidissement dû à la diminution des échanges, et aussi une conséquence du rayonnement exagéré favorisé par la vaso-dilatation périphérique.
Enfin, Messieurs, un point qu'il est important de retenir, surtout relativement à l'emploi thérapeutique du nitrite d'amyle, c'est celui de l'accoutumance qui s'établit pour ce médicament : cette accoutumance est telle qu'au début il est imprudent de faire usage pour