M% ACCOUTUMANCE
rinhalalion d'une quantité plus considérable que V ou VI gouttes de nîtrite d'aniyle; eh bien, très rapidement, au bout de quelques jours à pfiirie, on est obligé, pour produire les mêmes effets, d'arriver â erujiloyer X, XX et même jusqu'à L gouttes de nitrite d'amyle. L action de cette substance est extrêmement rapide ; elle commence 15 secondes à peine après le début des inhalations, mais elle cesse également avec une très grande rapidité; dans l'espace d'une minute et iJoniie, environ, l'action vaso-dilatatrice cesse et le retour à l'état normal se jtroduit.
En lerniinant ce qui a trait au nitrite d'amyle, je vous signalerai Venî[iliii triin produit pour lequel il me paraîtrait nécessaire de faire de n< nivelles recherches. Le nitrite d'amyle dont je vous ai parlit jusrpj'jci est celui qu'on pourrait appeler nitrite d'amyle normal, c'eftl-ànlire le nitrite de l'alcool amylique normal. Or, vos souvenirs on cliimio doivent être suffisamment précis pour que vous vous rappeliez quï] (îxiste trois alcools amyliques; l'un d'eux constitue l'alcool arii) liijne tertiaire, et on a préparé à l'aide de cet alcool amylique terliaii*? un éther nitreux qu'on a appelé nitrite d'amyle tertiaire. On a prélenilu que ce nitrite d'amyle tertiaire possédait une action physioiogiqnr' [dus marquée, plus durable que celle du nitrite d'amyle normal: n^ais surtout qu'il aurait l'avantage, sur ce dernier, de ne pas inodnire les sensations désagréables de chaleur, de tension de la fare, et de battement des artères temporales qui sont parfois si désagréaldes dans l'emploi du nitrite d'amyle ordinaire. On a dit figalemeni i\\\'\\ était moins toxique et plus hypnotique; mais, je le lépe le, jusqu'alors ces faits ne me paraissent pas appuyés d'un nombre suflisant d'<'xpériences; et je crois qu'il serait absolument nécessaire de se livrer a une étude plus approfondie de ce nitrite d'amyle ter- U;un% av:in! de considérer comme absolument acquis les avantages que je viiMi^ de vous énumérer.
XVP LEÇON
ACTION HYPNO-ANESTHÉSIANTE DE CERTAINS ÉTHER8 COMPOSÉS. — LES ÉTHERS COMPOSÉS AU POINT DE VUE DE L'HYGIÈNE ET DE LA MÉDECINE LÉGALE, -- PROTOXYDE D'AZOTE.
Ainsi que nous l'avons vu par l'étude des anesthésiques que nous venons de faire, aucun d'eux n'est, en somme, absolument exempt d^inconvénients; et c'est la raison pour laquelle on a cru devoir chercher si d'autres substances que celles que nous avons étudiées jusqu'à présent, d'autres éthers notamment, n'étaient pas doués de propriétés suffisamment hypno-anesthésiques pour pouvoir être substitués avantageusement au chloroforme et à l'éther ordinaire.
J'ai déjà appelé votre attention sur ce fait que quelques substances, très certainement hypno-anesthésiques chez certains animaux, les animaux à sang froid par exemple, ne possèdent pas la même propriété chez les animaux à sang chaud. Je fais répéter aujourd'hui devant vous une expérience dont je vous ai déjà parlé et qui consiste à mettre sous une cloche dans laquelle se trouve un tampon de ouate imprégné d'acétate d'éthyle, c'est-à-dire dont l'atmosphère est saturée de vapeurs d'éther acétique, un cobaye et une grenouille; vous allez voir que tandis que la grenouille va, au bout d'un temps très court, subir les effets hypno-anesthésiques de l'acétate d'éthyle, effets qui se traduiront par la résolution musculaire et tous les autres phénomènes que vous connaissez, exactement comme si elle avait été soumise à l'action des vapeurs d'éther ordinaire, le cobaye, au contraire, va pouvoir rester pendant toute la durée de notre réunion sous cette cloche dont l'atmosphère est saturée d'acétate d'éthyle, sans en éprouver le moindre effet anesthésique. Il en serait de même av^c une autre substance dont j'aurai à vous entretenir dans un instant, le valérianate d'amyle.
366 ACTION EBRIEUSE DES ETHERS
Eh hietïj ce phénomène tient, comme je vous Tai déjà dit, à ce que chez les animaux à sang chaud, grâce à la température du corps et à Taclivité des réactions physico-chimiques qui s*accompIissent dans Torganisme, les éthers en question sont saponiQés, décomposés; et il en résulte que, si nous considérons l'acétate d'éthyle, laclion s« réduira à celle de Tacétate de soude et de Talcool. Bien entendu, T alcool, si ce dernier se trouve en quantité suffisante dans l'organisme, pourra produire son action ébrieuse ordinaire; mais, en aucun cas, nous ne verrons se produire d'effets hypno-anesthésiques analogues à ceux que détermine Téther ordinaire.
Au contraire, chez les animaux à sang froid, l'activité des combustions, les phénomènes physico-chimiques moins intenses, sont insuflisants pour déterminer la saponification des éthers; ces éthers peuvent alors circuler dans l'organisme en quantité assez considérable pour influencer les éléments nerveux et déterminer, comme conséquence, une action hypno-anesthésique plus ou moins étroitement ansilogue à celle que nous avons vue se manifester sous l'influence du chloroforme ou de l'éther ordinaire.
La preuve qu'il en est ainsi peut nous être fournie par l'expérînientation sur les animaux à sang chaud. En utilisant l'acétate d'éthyle, on peut arriver à déterminer une action hypno-anesthéstanie chez ces animaux, en soumettant, par exemple, un cobaye, un chat ou un chien à l'action des vapeurs d'acétate d'éthyle en nième temps qu'on pratique sur lui des injections hypodermiques d'acolato tréthyle; l'organisme se trouve alors sursaturé pour ainsi dire d'actitate d'éthyle et l'action hypno-anesthésique arrive à se produire, tardive il est vrai, incomplète c'est encore exact, mais enfin c'est une action hypno-anesthésique marquée, incontestable, et qui nionlre, par conséquent, que l'interprétation que je viens de vous donni^r li^t absolument admissible.
Quant à l'action ébrieuse de la plupart des éthers dont nous allons jiarler, elle est intéressante à considérer au point de vue de l'hygiène d*unc part, au point de vue médico-légal ensuite, comme vous allez le voir tout à l'heure. C'est, en effet, à la présence de l'acétate d'éthyle dans le vin blanc, par exemple, qu'est due l'action ébriante particulière de certains vins blancs dits secs, assez riches en éthers; et, dans ces vins blancs, l'action ébrieuse, l'action excitante est encore augmentée, parce qu'à côté de l'acétate d'éthyle se trouvent d'autres